Yggdrasil nouveau chapitre de la deuxième partie

Chapitre 2
 

Une douleur indéfinissable se répandit en un instant dans l’entièreté de son corps, comme si un millier de petites aiguilles lui avaient piqué le corps à quelques nanosecondes d’intervalle.

Il ouvrit les yeux mais sa vision était trouble. Le liquide dans lequel il baignait agressait ses cornées. Il plissa les paupières.

Bien vite, il se rendit compte que l’oxygène n’atteignait plus ses poumons. Quelque chose obstruait ses voies respiratoires. C’était un tube. Il plongeait profondément dans sa trachée et semblait presque se faufiler jusque dans ses bronches. Il ressentit alors une vive douleur à l’arrière de la tête, à la base de son crâne. Celle-ci se prolongeait dans sa tête, dans son cerveau le rendant ainsi pleinement conscient du nombre conséquent de terminaison nerveuse que pouvait contenir cet organe.

Il porta ses mains à son cou et découvrit qu’un câble s’enfonçait sous sa peau et entrait dans sa tête.

Pris de panique, il lâcha le câble comme si d’un coup il était devenu brûlant. Il voulut crier mais l’aide respiratoire l’en empêchait. Il attrapa l’alimentation en oxygène à pleine main et entreprit de l’extraire de sa gorge. Sa trachée se contracta lui donnant l’effroyable impression qu’il allait recracher ses poumons. Il enleva finalement le tube en toussant.

Il se mit à crier sous l’emprise de la panique lorsqu’il se rendit compte qu’il était toujours dans le liquide.

Sa gorge se remplit cette substance alors qu’il lançait ses pieds et ses mains dans tous les sens pour essayer de se libérer de la membrane qui retenait le liquide et qui le gardait jalousement en son sein.

Soudain, il vit une lumière rouge clignoter au travers de la membrane et le niveau de liquide se mit à baisser. Ses pieds touchèrent le sol.

Il frappait la membrane de toutes ses forces pour qu’elle se brise mais il n’y avait rien à faire. Ses forces l’abandonnaient peu à peu et le manque d’air l’affaiblissait énormément. Sa respiration devint plus lente mais plus profonde. Sa poitrine se soulevait et retombait toujours plus lentement…

Soudain, un bruit sourd retentit et une ouverture se forma. Une lumière perçante et agressive frappa son visage.

Il vit une tête se pencher au-dessus de lui. C’était un jeune garçon. A contre-jour, la seule chose qu’il pouvait entrapercevoir c’était son regard. Il avait un œil bleu et l’autre noisette. Puis, deux énormes câbles s’engouffrèrent par l’ouverture et foncèrent vers lui…

Ethaniel s’éveilla en sursaut. Il lui fallut quelques minutes avant de recouvrer ses esprits. Quand sa respiration et les battements de son cœur redevinrent normaux, il s’assit contre le mur froid de métal.

Encore un souvenir de Raziel… Quand allait-il enfin le laisser en paix ?

Il passa une main dans sa nuque endolorie et se redressa brusquement en réalisant une chose importante. Dans le rêve, les connections étaient à la base du crâne et non sur les tempes, là où se trouvaient celles de Raziel. Il s’agissait donc de lui ! C’était un de ses souvenirs !

« Mais c’est impossible » lança-t-il à voix haute. Il se souvenait bien de sa naissance et elle ne s’était pas passée comme ça. Peut-être s’était-il réveillé avant et l’avait-il oublié. Et qui était ce garçon aux yeux vairons ?

Il se rallongea lentement, ferma les yeux et poussa un profond soupir exaspéré. Il s’occuperait de ça plus tard…

*

*  *

Une ombre se faufila, furtive et silencieuse, derrière deux gardes assis sur les escaliers. Ils jouaient aux cartes en buvant de l’alcool fort plus pour oublier leur misérable condition que pour se réchauffer en cette nuit glaciale. Ils gardaient l’hôtel particulier de Siegfried Telmet, le directeur de Proteus.

L’ombre passa rapidement dans le grand hall d’entrée surmonté d’une merveilleuse coupole en vitrail représentant le symbole de Proteus, une chimère.

L’individu encapuchonné et caché par une longue cape noire semblait parfaitement connaître les lieux. Il contourna le grand escalier couvert d’une épaisse moquette duveteuse de couleur rouge afin d’emprunter une petite porte dissimulée derrière une tapisserie. Un étroit couloir obscur éclairé par quelques chandelles fixées aux murs s’étendait devant lui. Il le traversa à pas rapides et aboutit à une antichambre qui donnait sur deux autres portes. Celle de gauche aboutissait à un spacieux salon alors que celle de droite menait à un petit jardin intérieur. Il emprunta la porte de droite et se retrouva immédiatement dans une serre.

Une lumière tamisée y régnait afin de recréer les conditions nocturnes. Il y avait de nombreuses espèces de plantes disparues au dehors des dômes Mais le plus remarquable de ce jardin était sans conteste l’immense roseraie qui rassemblait toutes les variétés possibles et inimaginables.

 Au fond, un rosier grimpant formait une coupole odorante et colorée sous laquelle quelqu’un semblait attendre.

L’individu se précipita dans se direction et la personne se jeta dans ses bras. Il s’agissait d’une jeune femme aux cheveux blonds cendrés. Ses yeux bleus océan s’illuminèrent quand l’individu encapuchonné la prit dans ses bras. Il l’embrassa passionnément avant de s’écarter quelque peu pour ôter son capuchon. Il la regarda de ses yeux vairons emplis d’amour et l’embrassa de nouveau. Elle le repoussa cette fois.

« Lilly, qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il.

- Tu n’aurais pas dû venir, voilà ce qu’il y a. Si mon frère nous surprend…

- Ton frère n’a pas le droit de t’interdire de vivre.

- Heimdall, s’il te plaît ! Ici, tu n’es pas à Midgard. A ce niveau c’est mon frère qui contrôle tout, qui dirige tout. Il a le droit de vie et de mort sur tous. Il faut faire ce qu’il dit sinon… » Sa voix se brisa et elle lui tourna le dos.

« Sinon quoi ? demanda Heimdall en l’obligeant à lui faire face. Sinon, il me tuera ? Et toi aussi ? Il n’irait pas jusqu’à tuer sa propre sœur.

- Ca se voit que tu ne le connais pas… »

Heimdall enroula ses bras autour de la taille de la jeune femme et déposa un baiser sur son front.

« Je te protégerai, je te jure que je ne le laisserai pas nous séparer. »

Ils sursautèrent tout deux en entendant quelqu’un applaudir et des ombres sortirent de derrière un énorme buisson d’if.

« Oh bravo, vraiment bravo, c’est très touchant. Mais aussi incroyablement stupide. »

En quelques secondes, Heimdall se retrouva plaqué au sol par deux gardes alors qu’un autre éloignait Lilly en la tirant par le bras. Un homme plaqua son pied sur le cou de Heimdall qui commençait déjà à suffoquer. Il était de grande taille, musclé, aux cheveux blond platine et aux yeux incroyablement bleus perçants. Il s’agissait de Siegfried Telmet.

« Siegfried, je t’en supplie arrête ! » Cria Lilly les yeux emplis de larmes.

- Tais-toi, nous en parlerons plus tard, emmène la dans sa chambre ! » Le garde s’exécuta.

« Heimdall ! » hurla-t-elle alors qui celui-ci la regardait s’éloigner en luttant pour ne pas se faire étrangler.

Siegfried relâcha sa pression sur son cou mais lui administra un formidable coup de pied dans les côtes. Siegfried fit alors signe aux deux gardes restant de remettre Heimdall debout.

Une bête hideuses d’un mètre au garrot et semblable à un léopard mais plus massive vint se frotter contre la jambe de Siegfried. Elle avait un pelage couleur fauve à l’exception d’une crête noire qui partait du milieu de son crâne et se terminait au bas de son dos. Ses griffes cliquetaient  sur le sol et sa queue fouettait l’air violemment. On aurait dit un mélange entre un léopard et une hyène.

« Admirable, non ? » demanda Siegfried en regardant Heimdall qui arborait un air dégoutté.

« Une belle bête ! Totalement créée dans mes laboratoires. En un coup de griffe, elle t’ouvre du nombril au menton. Ses crocs peuvent broyer ton crâne en quelques secondes. Elle est parfaite pour lutter contre les soldats de la Fédération et elle a déjà fait ses preuves face aux cyborgs de Genèse… »

Il marqua une courte pause et inspira profondément.

« Ceci dit, il est des proies bien plus coriaces, non pas par la résistance de leur cuire, ni par leur force, mais bien par leur intelligence et leurs dons… »

Heimdall fronça les sourcils. Cette conversation semblait avoir été préparée bien à l’avance.

« Pour ce genre d’individu, la force brute de ces créatures est bien inutile. » Siegfried décocha un coup de pied dans la gueule de la bête. Elle secoua la tête et se mit à grogner en retroussant ses babines de colère.

Siegfried sortit son blaster et l’abattit froidement.

« Bien, une bonne chose de faite !

-Qu’est-ce que tu me veux ? s’enquit Heimdall sur un ton excédé.

- Parle-moi autrement ! » cria Siegfried en lui décochant un autre coup de pied dans les côtes.

« Pour qui te prends-tu ? Une sous-merde de l’Union Libre comme toi qui ose approcher ma sœur et me tenir tête ?! Tu as énormément de chance que je ne t’abatte pas comme un animal puisque c’est tout ce que tu es. Tu ne vaudrais guère mieux. »

Il attrapa Heimdall par la gorge et serra.

« Maintenant soyons sérieux une seconde ! Lilly est ma sœur, ma demi-sœur pour être exact. C’est un fait. Mais je ne lui permettrai jamais de salir notre nom en s’envoyant un pouilleux comme toi… Je préfèrerais la tuer…

Heimdall écarquilla les yeux de stupeur et fixa Siegfried.

« Bien, maintenant que je suis sûr d’avoir toute ton attention, nous allons pouvoir parler business. La proie dont je parlais précédemment est une créature de Shéol. Le dernier joujou en date conçu par Genèse pour son plaisir. Cependant, elle l’a laissé s’échapper et il est un peu comme une épine dans mon pied : gênante, elle peut me faire boiter mais trop insignifiante pour me faire tomber. Je suis sûr que tu sais de quoi je parle.

-Ethaniel 08 ? marmonna Heimdall.

-Précisément … répondit Siegfried avec un sourire machiavélique.

-Tu te trompes de personne, je ne peux rien contre lui.

-Oh, je crois que tu n’as pas bien compris de quoi il s’agissait. La vie de ma sœur contre celle de ce sale morveux arrogant ! Tu n’as pas le choix. Comme je l’ai dit, la force pure ne suffit pas avec lui. Il faut quelqu’un qui possède les mêmes armes que lui et c’est ton cas. Je sais que tu l’as connu à une époque, mais ne laisse pas le passé compromettre ta mission. C’est une pourriture sans nom. Il tue femmes et enfants sans la moindre pitié.

- Et c’est toi qui ose dire ça ?

-Ne fais pas le malin avec moi, Heimdall. » cria Siegfried en le frappant violemment dans l’estomac

« Tout ce que je te demande c’est de me ramener cet enfoiré vivant. Je me fous de savoir comment tu t’y prendras mais c’est la vie de ma sœur qui est en jeu. Je sais que tu as fait partie d’un programme de Shéol parallèle au programme ETHANIEL. Ca te permettra surement de l’approcher. »

*

*  *

Rhiannon était allongée sur son lit. Elle avait les yeux fermés mais ne dormait pas. Elle avait besoin d’obscurité et de solitude. Quelle ironie… Elle s’isolait  à présent alors qu’elle avait justement rejoint ses sœurs pour être au milieu de gens comme elle. Il fallait bien qu’elle en vienne à l’évidence que personne sur cette terre n’était comme elle.

Dans sa main droite, elle serrait  une plaque d’identification militaire. Celle d’Ethaniel. Il la lui avait donnée trois mois auparavant, juste avant qu’elle ne parte. Enfin « donné » n’était pas exactement le mot.

Flash back
« Je vais retourner auprès de mes sœurs. J’ai besoin d’être au milieu d’elles, d’être avec des gens qui me ressemblent. J’ai besoin de la sécurité qu’elles me procurent…
- Ca va, j’ai compris, l’interrompit Ethaniel. Ce n’est pas comme si tu avais des comptes à me rendre. Tu fais ce que tu veux. »
Rhiannon soupira. Comme elle le pensait, il n’en avait strictement rien à faire. Comment pouvait encore être indifférent à sa présence alors que cela faisait presqu’un an qu’ils voyageaient ensemble ? Etait-il possible qu’il considère toutes les personnes gravitant autour de comme des boulets inutiles ?
« Euh…, commença-t-elle.
- Quoi ?aboya-t-il.
- Voilà, je me demandais si tu voudrais bien me confier une de tes plaques d’identification… »
Ethaniel haussa un sourcil et lui lança un air désappointé.
« Tu sais que c’est ce que l’on fait quand un soldat meurt ? » demanda-t-il sur un ton suspicieux.
- Laisse tomber, c’était stupide. »
Elle alla vers sa couche et commença à rassembler ses effets personnels.
Elle entendit alors le cliquetis d’une chaîne et quand elle se retourna, Ethaniel était derrière elle. Il prit sa main et déposa quelque chose sur sa paume.
« Tu me la rendras la prochaine fois qu’on se verra. Prends en soin ! Quand un soldat perd l’une de ses plaques, c’est comme s’il était mort. Ca porte malheur. »
Puis, il retourna s’asseoir dans un coin.
Rhiannon ouvrit sa main et y découvrit une plaque d’identification. Elle la plaça délicatement dans une poche de son sac et acheva ses préparatifs.
« Tu devrais attendre demain matin pour partir » lui conseilla Ethaniel alors qu’il regardait par la fenêtre de leur abris de fortune, le regard perdu dans le néant.
« Bientôt, j’irai patrouiller pour sécuriser les étages. Demain matin, tu ne trouveras personne sur ta route. »
Rhiannon acquiesça.
Fin du flash back
 Quelques coups légers contre sa porte la firent sortir de sa torpeur. Elle se redressa.

« Entrez ! »

Une jeune fille entra.

« Rhiannon, notre mère m’envoit  te prévenir que nous allons bientôt prendre le petit déjeuner. Elle m’a aussi demandé de dire que tu devais te rendre dans la salle des prédictions pour t’entraîner. Elle dit que tu n’y es pas encore allée depuis ton retour parmi nous.

-Je viens, Corindon. » Soupira Rhiannon en se levant.

Elle passa autour de son cou la chaîne à laquelle elle avait attaché la plaque d’identification d’Ethaniel. Elle s’avança vers le mur. Elle hésita un moment voyant que Corindon l’observait et l’attendait.

Elle posa ses mains sur le mur de métal, puis son front.

« Bonjour, Ethaniel. » murmura-t-elle.

Elle sentit les vibrations du réseau derrière la paroi, sous ses paumes. Il lui répondait. Il savait qu’elle allait bien et elle savait qu’il en était de même pour lui.

Ce qu’elle ne savait pas en revanche, c’était si ça lui faisait plaisir de recevoir de ses nouvelles.

Les murs des ville-forteresses étaient truffés de câbles irriguant le réseau. Ethaniel pouvait percevoir tous les êtres qui évoluaient des les multiples étages de Helsinki. Il lui suffisait simplement de le vouloir.

Rhiannon sourit et se tourna vers Corindon qui lui lança un regard dubitatif.

« Notre mère dit qu’il est très dangereux, murmura Corindon.

-Et elle a raison, répondit Rhiannon en souriant.

-Alors, pourquoi tu t’es attachée à lui ? 

-Parce qu’il n’est pas dangereux pour moi. Je ne te demande pas de comprendre. Je ne le demande à personne d’ailleurs.

-Mais nous nous inquiétons pour toi ! »

Rhiannon lâcha un soupir de compassion.

« Corindon, tu es encore jeune et ça ne fait pas longtemps que tu vis ici. Tu ne peux donc pas comprendre que lorsque Perle s’inquiète pour toi, c’est parce que, d’une manière ou d’une autre, elle y perdrait grandement s’il t’arrivait malheur.

- Rhiannon ! C’est notre Mère ! s’offusqua la jeune Gemme.

- Nous les Gemmes, et plus particulièrement les Silicates qui excellons dans les arts divinatoires, nous ressentons les flux psychiques d’une manière plus profonde, poursuivit Rhiannon sans écouter les protestations de Corindon. Nous sommes capables de sentir les vibrations de l’âme humaine même au-delà de la mort. Nous pouvons percevoir toute ébauche de ce qui fut, est et sera un sentiment humain. C’est parce que nous sommes si proches des vibrations de la vie que tout nous touche plus profondément. Si notre art atteint le summum de son expression et de son épanouissement à travers la mort, c’est parce que la vie y bat à une autre fréquence, selon une autre période. Mais ces vibrations sont intenses car les ondes psychiques de l’homme sont intenses au moment où il meurt, au moment où la vie pleure sa propre fin… Si je te raconte tout ça, c’est parce que toi, en tant que Silice, tu n’es pas capable de ressentir toutes ces choses. Et Perle, en tant qu’Organique ne les ressent pas de la même manière qu’une Silicate. C’est aussi la raison pour laquelle tu  ne peux pas comprendre que je puisse m’être attachée à une personne comme Ethaniel. Aucune de vous ne le peux d’ailleurs, car je suis la seule à avoir vu les vibrations de son être. »

Voyant le regard dubitatif de Corindon, Rhiannon sourit et lui dit :

« Ne te triture pas l’esprit avec ça, allons plutôt déjeuner.

*

*  *

Les repas des Gemmes se déroulaient toujours dans le silence total. Elles n’étaient pas autorisées à parler. Elles ne pouvaient le faire qu’une fois sorties table et réunies dans la salle commune destinée à cet effet.

A la fin du souper, Perle prit Rhiannon à part. La jeune femme savait déjà de quoi la Mère de l’Ordre voulait lui parler.

Perle souhaitait que Rhiannon se rende dans la Salle des Prédictions. C’était une coutume au sein de l’Ordre. Les Silicates, dont le don pour la divination était particulièrement aiguisé, devait se rendre dans cette salle de façon hebdomadaire, premièrement pour parfaire leur art mais également pour faire profiter à la communauté de ce que l’avenir leur avait révélé. C’était un devoir.

La Salle des Prédictions était de loin l’endroit le plus lugubre et macabre du manoir dans lequel vivaient les Gemmes. Murs et sol étaient complètement noirs, l’éclairage bleuté et des tas d’ossements jonchaient le sol. La présence de la mort était telle qu’il était impossible d’y rester plus de quelques minutes sous peine de voir son crâne exploser sous la pression les flux psychiques.

Rhiannon prit l’escalier menant au premier étage où se trouvait la dite salle.

Au moment où elle se trouva en face de la porte, elle s’arrêta, fit demi-tour et entra dans la pièce adjacente.

Celle-ci était très faiblement éclairée par de cierges noirs dont les flammes verdâtres et dansantes projetaient des ombres fantomatiques sur les murs sombres. Dans le fond, il y avait un lit à baldaquin entouré de voiles noirs aux reflets dorés.

L’attention de Rhiannon se porta alors sur une petite silhouette tassée dans un grand fauteuil.

La Gemme s’approcha, s’agenouilla aux pieds du fauteuil et posa sa tête sur les genoux de la personne qui y avait pris place.

« Grand-mère… » murmura-t-elle en enfouissant son visage dans l’épais tissus de la jupe de la vieille femme.

« Rhiannon… Cela fait bien longtemps… Je m’attendais à ta visite. » dit la vieille dame.

Ambre était l’ancienne Mère supérieure de l’Ordre. Elle avait laissé sa place à Perle 20 ans plus tôt alors que celle-ci avait 25 ans. Aujourd’hui, la vieille Organique avait 88 ans et était devenue la grand-mère de l’Ordre, la femme la plus sage, la confidente de nombreuses Gemmes.

« Tu as mis beaucoup de temps avant de venir me voir, ma fille. N’est-ce en  partie pour cela que tu es revenue parmi nous ?

- Pardonne-moi, Grand-mère. J’ai cru pendant un moment de douce illusion pouvoir m’en sortir seule…

- Mais ce n’est pas le cas. » Acheva la Ambre.

Rhiannon acquiesça d’un signe de la tête. Ambre passa affectueusement sa ma sur les cheveux de Rhiannon.

« L’Ordre est comme une famille. Quand nous découvrons une Gemmes, nous l’arrachons à son ancienne vie, à sa famille. C’est pourquoi il est si important de s’intégrer au sein de l’Ordre. Les sœurs noires doivent d’entraider. » murmura la vieille femme.

Rhiannon soupira tristement.

« Mais ton cas est différent. Tu n’as jamais eu une famille aimante, tu n’as jamais reçu l’amour de parents, de frères et sœurs, ni l’affection d’amis sincères. Tu as toujours été seule. Tu n’as jamais pu te reposer que sur toi-même et la vie est difficile quand c’est le cas. Du coup, tu n’as jamais considéré l’Ordre comme une famille… »

Rhiannon ne répondit pas. Elle n’avait rien à dire, elle savait qu’Ambre avait raison.

« La vie est difficile quand on ne peut compter que sur soi-même. »dit la vieille femme en prenant entre ses doigts fragiles la chaîne qui pendait au cou de Rhiannon.

« Tu es différente des autres Gemmes, Rhiannon. Le monde, les Hommes, rien de ça ne te fait peur. Tu tiens énormément à la vie et c’est la raison pour laquelle la nécromancie te rebute tant… Il y a quelques années, si c’est moi qui t’avais découverte, je ne t’aurais pas prise au sein de l’Ordre. »

Rhiannon leva la tête pour rencontrer le regard de la vieille femme. Les yeux de la jeune femme s’embuèrent et son visage exprimait l’incompréhension.

Ambre sourit et caressa doucement la joue de la jeune Gemme.

« Ne te méprend pas sur la signification de mes mots, Rhiannon. Je ne voulais la pas dire que ça avait été une erreur pour l’Ordre mais bien une erreur pour toi. Cela t’a fait beaucoup plus de mal que de bien. Tu as peur, ton regard exprime sans cesse la peur… »

Rhiannon posa de nouveau sa tête sur les genoux d’Ambre.

« Quand tu es avec nous, tu ressembles à un petit oiseau auquel on aurait coupé les ailes et qu’on aurait emprisonné dans une cage dorée. Tu as eu tord si un moment tu as cru trouver parmi nous le réconfort. »

Ambre fit tourner la plaque d’identification entre ses doigts.

« Tu as trouvé ton parfait contraire, ton ombre. Il a autant peur de la vie que tu crains la mort… Son avenir est incertain… La roue u destin continue de tourner au-dessus de lui. Rien n’est décidé. C’est ce que je vois. Garde-le bien, Rhiannon. Vous êtes pareil !

- Je voudrais comprendre… Comprendre ce qui le lie à Raziel, à Genèse, au réseau…

- Je ne connais malheureusement pas toutes les réponses. Mais je connais trois femmes qui pourraient d’aider. Elles ont été chassées de la source de Mimir par Genèse. Désormais, tu peux les trouver au puit de Urd.

- Les Nornes ? s’écria Rhiannon.

- Oui, les Nornes. Leur connaissance est infinie. Passé, présent et futur. Le continuum n’a aucun secret pour elles. Elles t’apporteront les réponses à tes questions.

Rhiannon se releva et embrassa Ambre sur le front. Elle allait sortir quand la voix d’Ambre s’éleva de nouveau.

« Pardonne, Rhiannon. Pardonne à l’Ordre de ne pas avoir été à la hauteur. Pardonne à Perle te t’avoir voulue par péché d’orgueil. Pardonne à la vie de t’avoir joué un si mauvais tour… »

Rhiannon ne put rien répondre. Elle sortit.

Alors, qu’est-ce que vous en avez pensez? Eh oui, il y a encore des nouveaux perso qui on fait leur entrée. Qui est donc ce Heimdall qui connaît Ethaniel? Et plus important comment a-t-il bien pu le rencontrer? Et Rhiannon dans toute cette histoire….

La suite dans la pochaine update.

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9 Réponses à “Yggdrasil nouveau chapitre de la deuxième partie”

  1. Croline dit :

    Heimdaaaaaaaaaaaaall!!!!! Waaaaa trop dla baaaalle tu l’a fait!! :D :D
    Je suis trop fan de cette histoire donc comme tu c deja… Le probleme mainant que tu m’as remise dedans c’est que tu vas devoir te grouiller d’ecrire la suite. vi vi.
    allez bisous et au plus tard a vendredi!
    Cro

  2. aerith21 dit :

    je t’avais promis le mec aux yeux vairons donc je l’ai fait. Je tiens toujours mes promesses :)
    j’espère que ces couleurs te conviennent :)
    Bon, je vais essayer de me grouiller.

  3. theoranmirry dit :

    OUAIIIIS ! Je suis de retour chez moi, et je vais enfin pouvoir lire la suite de tes nouvelles (c’est super, ça redémarre à fond, BRAVO !!!)

  4. theoranmirry dit :

    LA SUITE ! LA SUITE ! LA SUITE ! LA SUITE ! LA SUITE ! LA SUITE ! LA SUITE ! :)

  5. aerith21 dit :

    Ben, je vais faire ma mauvaise tête là… Ben ze mettrai la suite quand toi tu mettras la suite de ta fanfic harry potter, nah :p

  6. theoranmirry dit :

    :( :( :( ;) :) :) :)
    La semaine prochaine, promis promis !!!

  7. aerith21 dit :

    Oki alors, je vais me concentrer pour dactylographier un chappi de plus pour yggdrasil mais je suis un peu déprimée car on dirait qu’il y a que toi qui aime mes histoires…SNIF…SNIF :(

  8. Lillou dit :

    Je viens de dévorer l’intégralité d’Yggdrasil:le portail ça a vraiment très bon goût ! Je reste sur ma fin (faim)avec le début de la deuxième partie, j’ai hâte de voir ce qui va arriver à Ethaniel et à Rhiannon. Ta façon de reprendre les lègendes est surprenante (le coup d’Yggdrasil en Cyber-punk c’est pas mal) je crois déceler quelques clins d’oeil à des films dans ce que tu écris (je me trompes?). pour répondre à tes questions posées au cours des chapitres je dirais que:
    Ethaniel a un charisme incroyable même s’il est tellement dérangé qu’il met parfois mal à l’aise, il est séduisant comme un démon ( c’est l’anthithèse de Caleb). Rhiannon sonne juste, c’est une très bonne héroïne (génial ton histoire autour des gemmes et des sybilles!). J’ai du mal à voir Michaël comme un personnage négatif, pour moi il a encore plein de chose à offrir.
    Je veux lire la suite !!!

  9. Lillou dit :

    Je viens de dévorer l’intégralité d’Yggdrasil:le portail ça a vraiment très bon goût ! Je reste sur ma fin (faim)avec le début de la deuxième partie, j’ai hâte de voir ce qui va arriver à Ethaniel et à Rhiannon. Ta façon de reprendre les lègendes est surprenante (le coup d’Yggdrasil en Cyber-punk c’est pas mal) je crois déceler quelques clins d’oeil à des films dans ce que tu écris (je me trompes?). pour répondre à tes questions posées au cours des chapitres je dirais que:
    Ethaniel a un charisme incroyable même s’il est tellement dérangé qu’il met parfois mal à l’aise, il est séduisant comme un démon ( c’est l’anthithèse de Caleb). Rhiannon sonne juste, c’est une très bonne héroïne (génial ton histoire autour des gemmes et des sybilles!). J’ai du mal à voir Michaël comme un personnage négatif, pour moi il a encore plein de chose à offrir.

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