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Archive pour 5 novembre 2006

Curiosités japonaises

Dimanche 5 novembre 2006

nos amis les japonais ne font décidément pas les choses comme nous (un peu comme les anglais, vous me direz, pas besoin d’aller si loin). Mais là, c’est assez curieux.

Comme je suis dans la section horticulture, sous-branche de l’agronomie, je vais parler du japon, pas en terme de manga, mais en terme de fruit cette fois.

Il faut savoir qu’au Japon, on ne risque pas de croiser des écoliers sortant une pomme de leur poche et la croquant à pleines dents comme on le fait chez nous.

Non. Le fruit, au Japon, c’est un cadeau aussi précieux qu’un bijou.

Les fruits doivent être de couleur parfaitement uniforme (sauf si le cultivar présente deux couleurs comme pour la jonagold), ils ne doivent présenter aucun défaut, mais quand je dis aucun, c’est vraiment aucun. Ils sont de diamètres hallucinant (Chez nous, il serait impossible de vendre des fruits aussi gros).

Mais comment réalisent-ils une telle production? Et bien, croyez-moi si vous voulez, mais ils réalise la fécondation des fleurs manuellement et ils les protègent d’un sachet pour éviter une contamination avec du pollen extérieur ou une attaque de maladie et de ravageurs. (Imaginez de faire ça sur nos 40 hectares de verger fruitieremoticone) Le fruit en croissance à l’abris dans le sachet, ils pulvérisent à outrance l’arbre pour qu’il ne soit pas malade.

Pour garantir un format surdimensionné des fruits, ils éclaircissent souvent. C’est à dire qu’ils taillent l’arbre de manière à ce qu’il yait peu de branches. Ils enlèvent des fleurs car plus il y a de fleurs, plus il y a de fruits et plus il y a de fruits, plus ils sont petits. Ensuite, quand les fruits se mettent à grossir, ils enlèvent les jeunes fuits qu’ils jugent exédentaires.

Les fruits restent dans le sachet durant toute le croissance.

Ensuite, pour avoir un rouge parfait, pour la pomme par exemple, ils enlèvent soudainement le sachet et exposent le fruit au soleil. Le fruit prend très rapidement une coloration rouge.

Vous imaginez bien qu’avec une utilisation aussi importante de main d’oeuvre et d’intrants, vous avez des pommes qui coûtent facilement 5 euro pièce.

A la fin, vous obtenez des fruits parfaits de calibre hallucinant.

Alors vous allez sans doute vous dire, mais enfin vu le prix de leurs pommes, les japonais achètent surement plus régulièrement les fruits importés.

Et ben non, car le gouvernement japonais est futé.

Je continue avec les pommes. Comme les lois du commerce empêchent à un pays de refuser d’importer des produits d’ailleurs, les japonais ont décidé de jouer sur le passeport phytosanitaire. En effet, ils ont décrété qu’ils refusaient d’importer des fruits de pays connaissant le feu bactérien (ça ils peuvent le faire, les lois du commerce de les en empêchent pas). Or, en dehors de l’Australie et du Japon lui-même, tous les autres pays producteurs de pommes connaissent cette maladie bactérienne.

Le Japon se prémunise donc ainsi contre les productions européennes et américaines.

Ils importent simplement des pommes australiennes car produites en contre saison.

Mâlin non?