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Aux urnes !!!!

Samedi 7 octobre 2006

Camarade, cher concitoyen belge, demain est le jour où tu devras remplir ton devoir électoral.

Les communes appellent les électeurs aux urnes et tu dois t’y rendre pour le bien de ta mère patrie.

C’est vrai que le vote en Belgique est un droit, c’est aussi un devoir mais c’est surtout une obligation. Et oui, …

Pas le peine de te prendre la tête pour si peu. Envisage ça plutôt comme une répétition générale avant les grandes élections de juin où c’est pour la constitution de notre nouveau gouvernement que tu voteras… Euh, du moins si la Belgique en tant que nation unie existe toujours d’ici là, avec les flamands, on ne sait jamais à quoi s’attendre ^_^°

D’abord quelques conseils. Le jour J, n’oublie pas ta convocation et ta carte d’identité. Si tu es mandataire (c’est mon cas cette année) munis-toi du document dument signé et complété te donnant droit de voter à la place du mandant.

Pour qui voter, maintenant. Bon ce ne sont que des communales donc je suis sûre qu’il existe bien une personne sur les listes que tu connais et que tu estimes digner de représenter tes intérêts (pour moi c’est simple cette année, ma mère se présente :) )

Si tu ne vois vraiment pas, un conseil, vote pour le moins dangereux Encore que de nos jour, c’est plus difficile de discerner ce qui est riqué de ce qui ne l’est pas.

Avant, tu aurais pu te dire : « je vote écolo, quel mal pourraient-ils bien faire? » A la vue de la dèche dans laquelle ils nous ont mise avec Francorchant, passe ton chemin et choisiplus innocent ou plus réfléchi (surtout).

Si tu habites à Binche, tu verras que Arena se présente. Je te rappelle qu’elle est déjà ministre et que franchement, elle a pas à cumuler les mandats. Cela dit, comme elle souhaite s’occuper de l’état des établissements scolaires, je te conseille de voter pour elle si tu veux voir installer dans ton école des toilette en or plaquet avec de la doudoune sur la lunette et du papier cul en billet de banque. Peut-être mettera-t-elle aussi des millions d’euros pour réparer les WC de ton école comme elle l’a fait avec les douches de son cabinet(avec le budget de l’Etat).

Ne vote pas les extrèmes!!!!!

Voilà, avec ce qu’il reste, tu devrais pouvoir faire ton choix. En sachant cependant que chez nous, si l’orange le reste, le rouge et le bleu ont la facheuse tendance à virer au violet-indigo. Ils appellent ça des coalitions… Que soit!

Pense qu’il est important de te rendre aux urnes car une simple petite voix peut faire toute la différence. Ne vote pas blanc, préfère alors voter en tête de liste.

Il faut que tu ailles voter! Non pas parce que selon le droit belge, ne pas le faire est un délit mais rappelle toi ce qui s’est passé en France il y a quelques années avec ce cher Jean-Marie…

Le racisme, le fascisme et le nazisme existent toujours. C’est à toi de tirer les leçons de l’Histoire pour ne pas qu’elle se répéte, pour ne pas que le XXIème siècle reste dans les mémoires comme celui de toutes les guerres.

Martin Luther King

Jeudi 5 octobre 2006

Cette histoire de mur et d’intolérance américaine m’a rappelé ce bon vieux Martin Luther King.

Je crois que tout le monde, une fois dans sa vie doit avoir lu ce merveilleux discours prononcé lors de la marche de Washington le 28 août 1963.

MLK

Le discours « I have a dream »

Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour participer à ce que l’histoire appellera la plus grande démonstration pour la liberté dans les annales de notre nation.

Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Emancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité.

Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays.

C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse. En un certain sens, nous sommes venus dans notre capitale nationale pour encaisser un chèque. Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre Constitution de la Déclaration d’Indépendance, ils signaient un chèque dont tout Américain devait hériter. Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux Noirs comme aux Blancs, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur.

Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple Noir un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “ provisions insuffisantes ”. Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance, en notre pays. Aussi, sommes-nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous donnera sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.

Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures. C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie. C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.

1963 n’est pas une fin, c’est un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel.

Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce qu’on ait accordé au peuple Noir ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles.

Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique.

Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté noire ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les Blancs, car beaucoup de nos frères blancs, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée bi-raciale. Nous ne pouvons marcher tout seul au combat. Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière.

Il y a des gens qui demandent aux militants des Droits Civiques : “ Quand serez-vous enfin satisfaits ? ” Nous ne serons jamais satisfaits aussi longtemps que le Noir sera la victime d’indicibles horreurs de la brutalité policière. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos corps, lourds de la fatigue des voyages, ne trouveront pas un abri dans les motels des grandes routes ou les hôtels des villes.

Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes et verront leur dignité bafouée par les panneaux “ Réservé aux Blancs ”. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New-York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable.

Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations. D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison. D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière. Vous avez été les héros de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice.

Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Georgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du Nord, sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer. Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir.

Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.

Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.

Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.

Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.

Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai.

Que la cloche de la liberté sonne du haut des merveilleuses collines du New Hampshire !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des montagnes grandioses de l’Etat de New-York !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des sommets des Alleghanys de Pennsylvanie !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des cimes neigeuses des montagnes rocheuses du Colorado !
Que la cloche de la liberté sonne depuis les pentes harmonieuses de la Californie !

Mais cela ne suffit pas.

Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Stone de Georgie !
Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Lookout du Tennessee !
Que la cloche de la liberté sonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi ! Du flanc de chaque montagne, que sonne le cloche de la liberté !

Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque Etat, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : “ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! ”.
(source :
http://www.grioo.com/info717.html )

Mais c’est tellement mieux en anglais:

I am happy to join with you today in what will go down in history as
the greatest demonstration for freedom in the history of our nation.

Five score years ago, a great American, in whose symbolic shadow
we stand today, signed the Emancipation Proclamation. This momentous
decree came as a great beacon light of hope to millions of Negro slaves
who had been seared in the flames of withering injustice. It came as a
joyous daybreak to end the long night of their captivity.

But 100 years later, the Negro still is not free. One hundred years
later, the life of the Negro is still sadly crippled by the manacles of
segregation and the chains of discrimination. One hundred years later, the
Negro lives on a lonely island of poverty in the midst of a vast ocean of
material prosperity. One hundred years later, the Negro is still languished
in the corners of American society and finds himself an exile in his own
land. And so we’ve come here today to dramatize a shameful condition.

In a sense we’ve come to our nation’s capital to cash a check. When
the architects of our republic wrote the magnificent words of the
Constitution and the Declaration of Independence, they were signing a
promissory note to which every American was to fall heir. This note was a
promise that all men – yes, black men as well as white men – would be
guaranteed the unalienable rights of life, liberty, and the pursuit of
happiness.

It is obvious today that America has defaulted on this promissory note
insofar as her citizens of color are concerned. Instead of honoring this
sacred obligation, America has given the Negro people a bad check, a
check that has come back marked « insufficient funds. »

But we refuse to believe that the bank of justice is bankrupt. We
refuse to believe that there are insufficient funds in the great vaults of
opportunity of this nation. And so we’ve come to cash this check, a check
that will give us upon demand the riches of freedom and security of justice.
We have also come to his hallowed spot to remind America of the fierce
urgency of now. This is no time to engage in the luxury of cooling off or to
take the tranquilizing drug of gradualism. Now is the time to make real the
promises of democracy. Now is the time to rise from the dark and
desolate valley of segregation to the sunlit path of racial justice. Now is the
time to lift our nation from the quicksands of racial injustice to the solid
rock of brotherhood. Now is the time to make justice a reality for all of
God’s children.

It would be fatal for the nation to overlook the urgency of the moment.
This sweltering summer of the Negro’s legitimate discontent will not pass
until there is an invigorating autumn of freedom and equality. Nineteen
sixty-three is not an end but a beginning. Those who hoped that the Negro
needed to blow off steam and will now be content will have a rude
awakening if the nation returns to business as usual. There will be neither
rest nor tranquility in America until the Negro is granted his citizenship
rights. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of
our nation until the bright day of justice emerges.

But there is something that I must say to my people who stand on the
warm threshold which leads into the palace of justice. In the process of
gaining our rightful place we must not be guilty of wrongful deeds. Let us
not seek to satisfy our thirst for freedom by drinking from the cup of
bitterness and hatred. We must forever conduct our struggle on the high
plane of dignity and discipline. We must not allow our creative protest to
degenerate into physical violence. Again and again we must rise to the
majestic heights of meeting physical force with soul force. The marvelous
new militancy which has engulfed the Negro community must not lead us to
a distrust of all white people, for many of our white brothers, as evidenced
by their presence here today, have come to realize that their destiny is tied
up with our destiny. And they have come to realize that their freedom is
inextricably bound to our freedom. We cannot walk alone.

And as we walk, we must make the pledge that we shall always
march ahead. We cannot turn back. There are those who are asking the
devotees of civil rights, « When will you be satisfied? » We can never be
satisfied as long as the Negro is the victim of the unspeakable horrors of
police brutality. We can never be satisfied as long as our bodies, heavy
with the fatigue of travel, cannot gain lodging in the motels of the highways
and the hotels of the cities. We cannot be satisfied as long as the Negro’s
basic mobility is from a smaller ghetto to a larger one. We can never be
satisfied as long as our children are stripped of their selfhood and robbed
of their dignity by signs stating « for whites only. » We cannot be satisfied as
long as a Negro in Mississippi cannot vote and a Negro in New York
believes he has nothing for which to vote. No, no we are not satisfied and
we will not be satisfied until justice rolls down like waters and
righteousness like a mighty stream.

I am not unmindful that some of you have come here out of great
trials and tribulations. Some of you have come fresh from narrow jail cells.
Some of you have come from areas where your quest for freedom left you
battered by storms of persecution and staggered by the winds of police
brutality. You have been the veterans of creative suffering. Continue to
work with the faith that unearned suffering is redemptive.

Go back to Mississippi, go back to Alabama, go back to South
Carolina, go back to Georgia, go back to Louisiana, go back to the slums
and ghettos of our northern cities, knowing that somehow this situation can
and will be changed.

Let us not wallow in the valley of despair. I say to you today my
friends – so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I
still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.

I have a dream that one day this nation will rise up and live out the
true meaning of its creed: « We hold these truths to be self-evident, that all
men are created equal. »

I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of
former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down
together at the table of brotherhood.

I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state
sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression,
will be transformed into an oasis of freedom and justice.

I have a dream that my four little children will one day live in a nation
where they will not be judged by the color of their skin but by the content
of their character.

I have a dream today.

I have a dream that one day down in Alabama, with its vicious racists,
with its governor having his lips dripping with the words of interposition
and nullification – one day right there in Alabama little black boys and
black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as
sisters and brothers.

I have a dream today.

I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every
hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain,
and the crooked places will be made straight, and the glory of the Lord
shall be revealed and all flesh shall see it together.

This is our hope. This is the faith that I go back to the South with.
With this faith we will be able to hew out of the mountain of despair a
stone of hope. With this faith we will be able to transform the jangling
discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood. With this
faith we will be able to work together, to pray together, to struggle
together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing
that we will be free one day.

This will be the day, this will be the day when all of God’s children will
be able to sing with new meaning « My country ’tis of thee, sweet land of
liberty, of thee I sing. Land where my father’s died, land of the Pilgrim’s
pride, from every mountainside, let freedom ring! »

And if America is to be a great nation, this must become true. And so
let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire. Let
freedom ring from the mighty mountains of New York. Let freedom ring
from the heightening Alleghenies of Pennsylvania.


Let freedom ring from the snow-capped Rockies of Colorado. Let
freedom ring from the curvaceous slopes of California.


But not only that; let freedom ring from Stone Mountain of Georgia.


Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee.


Let freedom ring from every hill and molehill of Mississippi – from
every mountainside.


Let freedom ring. And when this happens, and when we allow
freedom ring – when we let it ring from every village and every hamlet,
from every state and every city, we will be able to speed up that day when
all of God’s children – black men and white men, Jews and Gentiles,
Protestants and Catholics – will be able to join hands and sing in the words
of the old Negro spiritual: « Free at last! Free at last! Thank God Almighty,
we are free at last! »

(source : http://www.anglaisfacile.com/free/martin_luther_king_f_2.php )

Vous pouvez aussi l’écouter à cette adresse. Franchement vous devriez le faire. C’est un moment particulier.

Aerith 21

Donjon et dragon:parodie

Vendredi 29 septembre 2006

Bon, peut-être que ça n’a fait rire que mon frère et moi, vous me direz en regardant.

C’est une bande de potes canadiens (oufti quel accent) qui on fait une parodie de ce jeu de rôle.

Je crois qu’il faut un peu connaître les règles de base pour comprendre ce qu’ils font avec leur dés mais même si vous n’avez jamais joué, ça devrait aller.

Interdit aux méga fans du jeu lol

Quel personnage êtes-vous?

Dimanche 24 septembre 2006

Pour ceux qui connaissent le manga et l’anime, voici un petit teste amusant.

Moi je suis Yoshikawa, ce qui n’est absolument pas flatteur quand on lit ce qu’on dit de lui. C’est pas très exact mais il y a des questions auxquelles il est difficile de répondre car on ne sait pas trop comment on réagirait dans la situation.

Enfin bref voici le lien:

http://www.quizilla.com/users/gtojo/quizzes/Quel%20personnage%20de%20GTO%20es-tu%3F

Et un autre pour savoir quel perso de full metal alchemist vous êtes. Ici je suis Izumi, c’est le maître (féminin) d’Ed et Al.

http://quizilla.com/users/Envymel/quizzes/

Quel animal êtes-vous?

Samedi 23 septembre 2006

Voici encore un petit test mais cette fois pour savoir quel animal vous pourriez être.

http://www.tasante.com/profiling/index.phtml?id_jeux=183

Moi, je suis le Lion, voilà ce qu’on en dit. 

Animal émotif, rugissant à la moindre attaque, tu pourrais être Lion !

Qui s’approche de toi d’un peu trop près, qui ose s’attaquer à un de tes proches, risque se vie ! T’es pas quelqu’un de facile et de coopératif, et t’es très impulsif(ve)… donc vaut mieux pas te chercher ! C’est ton côté émotif qui ressort, une sorte de mécanisme de défense naturelle, comme pour préserver tes proches, garder ton territoire ou empêcher qu’on te fasse du mal. Tu as du mal à anticiper les problèmes et souvent tu réagis au dernier moment, d’une façon très forte et brutale. Tu peux faire des choix sur un coup de tête, juste par intuition.

Voilà, testez-vous!

Mc DO

Samedi 23 septembre 2006

Grâce à ce cher Confucioos, je peux vous écrire cet article. Figurez-vous qu’il a découvert un site qui permet de devenir géranr d’un Mac DO. On doit ABOLUMENT tout gérer. ça va du champ, au service marketing en passant par l’abattage, la confection des menus, la motivation des employés ou leur renvois s’ils sont nuls. On peut utiliser des OGM, désintégrer les vaches si elles sont malades,…

C’est un excellent reflet de notre agriculture telle qu’elle est aujourd’hui (surtout en amérique pour ce qui est des OGM) et c’est une agronome qui vous le dit.

C’est ironique, bourré d’humour noir et surtout franchement IMMORAL. Mais je vous le conseille franchement car c’est une bonne FARCE de notre société actuelle.

http://www.mcvideogame.com/game-eng.html

test de « personnalité »

Mercredi 20 septembre 2006

Hello, voici quelques tests amusants pour savoir quel perso de harry potter, du seigneur des anneaux, … vous êtes. Bon, ils sont pour la plupart en anglais, désolée. Il suffi de cliquer sur les liens.

Quel perso du seigneur des anneaux êtes-vous? Moi je suis Galadriel

http://www.geocities.com/mydigitalview/lotr_person.html

Quel perso de Harry Potter êtes-vous? Je suis Ron

http://pages.prodigy.net/hpdevo/quiz/

Quel perso de star wars êtes-vous? Je suis Han Solo

http://www.liquidgeneration.com/content/a55hat.aspx?cid=1415

Quel perso des simpson êtes-vous? Là, je suis Marge

http://www.matthewbarr.co.uk/simpsons/

Quel perso de cartoon êtes-vous? Ici je suis Titi

http://naucon.net/misc/tests/cartoon_char.htm

Quel super héro êtes-vous? Bon c’est surtout des questions orientées mecs mais je suis Punisher

http://www.liquidgeneration.com/content/a55hat.aspx?cid=183

Voilà, si vous avez du temps à perdre amusez-vous bien lol

Lune Rouge

Lundi 18 septembre 2006

Chapitre 5                            Une exécution et une famille

Caleb revint en début d’après-midi les bras chargés de vivre. Il les déposa dans un coin de la grotte à l’abri des regards.
Tu es déjà revenu ? » Caleb sursauta et tourna la tête vers l’origine de la voix. C’était Darek.
« Je t’avais pourtant conseillé d’aller ailleurs, lui reprocha l’enfant.
- En effet mais c’est le meilleurs des endroits que j’ai eu l’occasion de visiter. Il y a deux sorties donc j’ai le temps de voir venir. Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda Darek en désignant la joue bleutée de l’enfant.
- Oh ça, c’est ma punition pour avoir dormi dehors.
- Je ne m’y connais pas vraiment en répression infantile mais il me semble que tes parents ont la main lourde.
- Ce n’est pas mes parents. C’est mon tuteur, je n’ai pas de parents.
- J’ai remarqué que tu portais toujours des gants, pourquoi ?
- Je ne peux pas te le dire. C’est un secret entre Raphaël et moi, répondit Caleb en souriant. Bon, il faut que j’y aille.
- Caleb, ton tuteur te frappe souvent ? lança d’un coup Darek.
- Ce ne sont pas tes affaires, répondit-il d’un ton nonchalant en haussant les épaules.
- Tu ne devrais pas revenir ici. Vu comme tu es traité, si on apprend que c’est toi qui m’as délivré, tu vas passer un sale quart d’heure.
- Ouais, c’est ça, maugréa l’enfant en s’éloignant.
- Hé, Caleb, le rappela Darek.
- Quoi ?
- Merci, pour tout.
Caleb l’observa un moment puis sourit avant de s’en aller. Non loin de là, caché par l’ombre projetée d’un massif rocheux, deux silhouettes vêtues de noir observaient Caleb quitter la grotte et courir vers le village.
« Il doit être à l’intérieur, seigneur Foster. Allons le cueillir.
- Non, les ordres ont changé. Nous devons nous intéresser à une autre proie. » dit-il en regardant Caleb qui disparaissait à l’horizon.
*
* *
Caleb alla faire quelques courses à l’épicerie avant de rentrer chez lui. Il s’assura plusieurs fois ne rien avoir oublié autrement, il se ferait disputer par son tuteur et ça, il ne le voulait pas.
Il se retrouva face ça un baraque de bois croulante, un vrai miracle qu’elle tienne encore debout. Les rayons du soleil pénétraient par les jours de la porte. C’était un peu le cas de toutes les maisons du village. Les économies des habitants passaient presqu’entièrement dans les caisses de l’Eglise. Ils auraient donné tout ce qu’ils avaient pour s’assurer un petit coin paisible au paradis.
Les bras chargés de paquets, Caleb appuya sur la clenche avec son coude et ouvrit la porte avec son pied.
« Je suis rentré, Victor. J’ai fait les courses comme tu me l’as demandé. » dit-il en posant les paquets sur la tables de la salle à manger.
« Je suis bien heureux de te voir, Caleb. » lança une voix grave et exagérément mielleuse.
L’enfant se figea sur place. Un frisson parcourut son échine. Il risqua un regard par-dessus ses paquets. Au fond de la pièce, assis dans l’obscurité et voilé dans la poussière en suspension dorée par les rayons du soleil, il y avait un homme en soutane noire. A son cou pendait la croix d’argent de la Nouvelle Inquisition.
« Mon Seigneur Foster, le salua Caleb sans broncher.
- Ton tuteur, Victor m’a dit que tu avais découché cette nuit. Tu sais que ce n’est pas prudent pour un enfant de se promener seul le soir et de ne pas rentrer chez lui. Surtout depuis qu’un supplicié s’est échappé.
- Un supplicié s’est échappé ? » s’enquit Caleb en déballant ses paquets et en rangeant les marchandises dans les armoires.
- C’est remarquable, murmura le religieux.
- Qu’est ce qui est remarquable ? demanda Caleb sans pour autant interrompre son rangement.
- C’est de voir à quel point l’âme d’un enfant d’à peine 10 ans peut être à ce point pervertie par le mensonge. »
Caleb tourna la tête vers lui et l’observa.
« Victor m’a dit que tu avais emporté de l’eau, de la nourriture et des bandages hier. Et encore cet après-midi.
- Et bien, Victor se trompe, répondit calmement Caleb. Ça arrive même aux meilleurs.
- Victor ! tonna Foster.
Caleb aperçut le visage de son tuteur derrière l’inquisiteur. Il avait les yeux injectés de sang, des valises sous les yeux et une barbe de deux jours. Il émanait de lui une forte odeur d’alcool.
« Peux-tu confirmer ce que je viens de dire ?
- Sûr, mon seigneur. J’l’ai bien vu sortir, le mioche avec tout ce barda dans ses bras. Il y en avait pour plusieurs jours de paye, savez !
- Comment tu peux le savoir, tu es ivre tout le long du jour, cria Caleb.
- Qu’est-ce que t’as dit ? beugla Victor en se ruant vers lui. Caleb chassa un tabouret devant lui d’un coup de pied. Victor trébucha et s’écroula lourdement sur le plancher.
Il allait sortir quand il sentit la main glaciale de l’inquisiteur lui attraper le poignet. Il prit Caleb par les cheveux. L’enfant cria de douleur et lança ses poings en avant pour tenter de ses libérer.
« Tu sais que libérer un supplicié est une faute extrêmement grave passible de la peine de mort ? C’est inutile de nier, Caleb. Quand ton tuteur est venu me prévenir que tu avais un comportement suspect, mon serviteur et moi t’avons suivi jusqu’à cette grotte. J’en ai assez de m’encombrer avec toi. Les erreurs de la nature dans ton genre ne devraient même pas exister. Il faudrait les abattre comme des chiens galleux. Il est temps d’effacer le blasphème que ta simple naissance représente. Foster frappas violemment la tête de Caleb contre le chambranle de la porte. Il tomba à genoux, sonné.
« Dans ce village, personne n’a jamais eu confiance en toi, personne ne t’a jamais apprécié. Les enfants de ton âge ne jouent pas avec toi et te fuient. Les vieux te maudissent, les femmes te craignent et les hommes désirent plus que tout que la Nouvelle Inquisition t’exécute. »
Foster l’agrippa de nouveau par les cheveux et le souleva du sol. Caleb hurla de douleur.
« Ils ne comprennent pas pourquoi je te tolère dans notre village. Jusqu’à présent, j’avais pieds et poings liés mais c’est terminé. Ton grand-père a enfin ratifié ta condamnation à mort. »
Caleb écarquilla les yeux.
« Ça t’étonne ? Il n’y a pourtant pas de quoi. Tu devrais savoir à quel point il te déteste. »
Foster jeta Caleb au sol.
« C’est étrange, tu ne te mets pas en colère. Montre ton autre visage que tout le monde puisse le voir ! » hurla-t-il comme un dément en attrapant la ceinture de Victor qui trainait sur une commode. Il frappa Caleb à plusieurs reprises en riant.
« Alors, tu ne réagis pas ? Mets-toi en colère ! » Il le frappa encore plus fort. Dépité il s’arrêta et s’accroupit près de Caleb. Il lui attrapa les poignets et lui ôta ses gants noirs. Il écarquilla les yeux en découvrant des pentagrammes sur les paumes de l’enfant.
« Le sceau par le Tétragrammaton. Quel traître à l’Eglise a osé poser ce sceau sur toi. Dis le moi et ta mort ne sera pas douloureuse.
- Va te faire voir » répondit Caleb.
Rouge de colère, Foster le souleva du sol par le col de la chemise, ouvrit la porte et le jeta dans la poussière. Alertés par les cris provenant de la maison de Victor, les villageois s’étaient rassemblés devant sa porte.
« Mes frères, la Nouvelle Inquisition a rendu son verdict concernant le dit Caleb Livingstone. »
Foster sortit une petite fiole d’eau bénite de sa poche.
« Révèle aux yeux du monde la part démoniaque qu’il y a en toi ! » Il lança l’eau bénite sur Caleb. Celui-ci se tordit de douleur et roula sur le dos en convulsant. C’est alors qu’une immense paire d’ailes noires jaillit de son dos faisant pleuvoir un torrent de plumes noires sur les villageois.
« Le verdict de la Nouvelle Inquisition est la mort !
- Pendez-le, cria la foule en délire. Pendez-le ici même, pas besoin d’aller à Canna. Pendez-le !
- Tu entends, ricana Foster. Pour toi, il n’y aura même pas les landes de Canna. Tu seras pendu sur la place du village. »
Caleb était trop faible pour bouger. Comme ça, étendu dans la poussière, il avait l’air d’un oiseau aux ailes froissées, incapable de voler.
Le bourreau du village courut jusque chez lui et revint avec une corde au bout de laquelle il réalisa un nœud coulant. Il passa la corde au cou de Caleb et confia l’autre extrémité à Foster qui se mit à traîner l’enfant derrière lui dans tout le village. Ils s’arrêtèrent sur la place au centre de laquelle se tenait une statue d’un Inquisiteur, les bras écartés devant lui en signe de miséricorde et de pardon.
« Puisqu’il n’y a ni potence ni échafaud dans le village, c’est cette statue qui sera l’instrument de ta repentance. » cria Foster en confiant la corde au bourreau. Celui-ci la lança par-dessus une des mains de la statue et hissa Caleb au dessus du sol.
Caleb battait des pieds dans le vide et ses mains cherchaient désespérément à desserrer l’étreinte de la corde sur sa gorge.
Sa trachée était écrasée par la poigne solide du nœud. Ses petites jambes battaient l’air furieusement. Les larmes emplissaient ses yeux au point que tout devenait trouble autour de lui. Le sang cognait douloureusement contre ses tempes.
La bouche grande ouverte et l’écume aux coins des lèvres, l’air venait de cesser d’alimenter ses poumons. Peu à peu à bout de forces, ses jambes cessèrent de bouger et ses bras retombèrent lentement le long de son corps.
Tout à coup, une lumière aveuglante éblouit la foule et quand ils recouvrèrent leur vue, la corde était coupée et Caleb avait disparu.
*
* *
Darek déposa le corps inanimé de Caleb dans une ruelle déserte du village. Au loin, il pouvait entendre les cris de la foule mécontente de ne pas avoir un droit à sa pendaison. Il tourna son attention vers Caleb. La corde avait entaillé la chair fine et délicate de son cou laissant apparaître une vilaine blessure.
Darek colla son oreille contre la bouche de l’enfant. Il respirait encore mais très faiblement.
La corde avait sans doute écrasé sa trachée et il lui faudrait quelques jours pour retrouver l’usage de la parole.
« Caleb, tu m’entends ? » s’enquit Darek en se penchant au-dessus de lui.
Ses yeux étaient mi clos et étrangement fixes.
« Il ne doit pas être loin, rugit la voix de Foster. C’est certainement l’autre supplicié qui l’a aidé à s’échapper.
- On ne peut pas rester ici, murmura Darek en prenant Caleb dans ses bras. Sinon, ils vont nous tomber dessus. »
Dans l’état dans lequel il se trouvait, Darek savait bien qu’il ne pourrait pas aller loin. Ses blessures étaient loin d’être cicatrisées.
Comme il était hors de question de retourner dans la grotte à l’est du village et que Canna se trouvait au sud, il décida de prendre le nord.
Il marcha pendant deux jours en marquant de nombreuses pauses dans les bosquets et les bois, évitant soigneusement d’entrer dans un village avec Caleb.
Enfin, il découvrit une cabane abandonnée située non loin d’un village. Le puit à l’extérieur pouvait encore donner de l’eau et à l’intérieur, il découvrit des couvertures et une trousse de secours contenant des bandes propre. Il dénicha également de l’alcool fort dont il se servit pour nettoyer les plaies de Caleb. Une fois les bandages propres installés, il alla chercher de l’eau au puit pour faire baisser la fièvre que Caleb traînait depuis deux jours. L’enfant n’avait pas encore repris conscience depuis.
Deux jours passèrent encore ainsi.
Un matin, Darek se réveilla en sentant les rayons du soleil caresser son visage et tenter de percer ses paupières.
Il ouvrit les yeux mais les referma de suite car une lumière violente les lui brûlait.
La porte de la baraque était grande ouverte et le soleil inondait la pièce.
Il jeta péniblement un œil à Caleb et se raidit en constatant que son lit était vide. Il se leva d’en bond et sorti. Caleb se tenait à quelques mètres de la porte. Debout et immobile, il regardait le soleil se lever.
Darek l’appela et l’enfant se retourna doucement. Il avait le visage bouffi et inondé de larmes. Il regarda Darek un moment puis sourit, de son sourire habituel, plein de chaleur et rassurant.
C’était un spectacle pitoyable qui retournait le cœur. Personne n’aurait pu rester insensible face à tant de douleur.
Darek s’approcha de lui et s’agenouilla pour être à sa hauteur.
« Tu n’es pas obligé de sourire tout le temps, tu sais. »

Une âme n’aurait pas d’arc-en-ciel si les yeux n’avaient pas de larmes
John Vance Cheney

Son sourire mourut d’un coup. La tristesse et la douleur déformèrent son visage. Ses yeux s’embuèrent et il commença à hoqueter et à renifler. Il s’approcha de Darek et enroula ses bras autour de son cou en pleurant. Darek le serra dans ses bras alors que son petit corps était secoué par de violentes saccades.
Il pleura comme ça pendant de longues minutes, hurlant presque sa douleur physique et mentale.

Les larmes sont les pétales du coeur

Paul Eluard
*
* *
Plusieurs mois passèrent ainsi. Caleb resta dans la cabane alors que Darek partait souvent en vadrouille parfois pendant plusieurs jours. Leurs blessures à tous les deux avaient cicatrisés et la marque sur le cou de Caleb avait presque totalement disparu.
Un jour, Darek passa la porte de la cabane et Caleb sut immédiatement qu’il venait lui dire au revoir.
« Il y a un cirque qui fait des spectacles dans tout Terrasacra qui se dirige par ici. S’ils te trouvent, ils te prendront avec eux. Là, tu seras en sécurité car les membres d’une troupe veillent les uns sur les autres comme les membres d’une famille. Jamais ils ne t’abandonneront. Je ne peux pas te garder avec moi mais je te promets que je passerai te voir aussi souvent que je le pourrai. Tu comprends ? »
Caleb hésita un moment puis lui sourit. Darek soupira tristement.
« Parfois, tes sourires quand ils sont tristes font plus mal qu’une dague en plein cœur, tu sais. »
Darek le serra dans ses bras et sortit.
« Au revoir, grand frère ! » lui cria Caleb.
Darek ne se retourna pas car il savait que s’il regardait en arrière, il ne pourrait plus partir.
*
* *
« Vous croyez qu’il est perdu ?
- Surement pas, l’endroit à l’air aménagé depuis un moment.
- il vit seul alors ?!
- En tout cas les autres pièces sont vides et il n’y a personne dans le coin.
- Comment un enfant aussi jeune peut être livré à lui-même ? »
Caleb grogna dans son sommeil et s’étira. Il ouvrit tout à coup les yeux en se rendant compte qu’il n’était pas seul. Il s’assit. Autour de lui, il y avait des gens étranges. L’un avait de longs poils couleur fauve sur tout le visage lui donnant des allures de lion. A sa droite se tenait une femme de corpulence assez forte qui portait une barbe. Venaient ensuite des jumelles mais qui étaient attachées ensemble par le bas du dos.
« Ne vous massez pas comme ça autour de lui, vous allez lui faire peur. » les réprimandant un petit homme dont la tête atteignait à peine la hauteur du lit.
« N’aie pas peur, mon petit ange, lança la femme à barbe, nous ne te voulons aucun mal.
- Je n’ai pas peur, madame, répondit Caleb en souriant.
- Comme il est mignon. Et si on le gardait ?
- Enfin, Bertha, ce n’est pas un chien. Tu ne peux pas décider ça comme ça, la gronda l’homme à face de lion.
- Où se trouve ta famille ? demanda une des jumelles.
- Où se trouvent tes parents ? s’enquit l’autre.
- Je n’ai ni parents ni famille. Je vis tout seul.
- Prenons-le avec nous, Lionel. On ne peut pas le laisser ici tout seul tout de même, lança Bertha.
- Nous ne pouvons pas l’emmener, Bertha.
- Ça nous ferait du changement au cirque. Un peu de vie ne nous ferait pas de mal. Nous n’avons pas d’enfants.
- Tu oublies Raven, répliqua Lionel.
- Ce n’est plus une enfant, elle le dit elle-même ? En plus, elle n’en a pas le comportement. Il a l’air si gentil…
- Ce n’est pas grave, madame Bertha, dit Caleb en souriant. Je ne voudrais pas vous causer des ennuis. »
Bertha se tourna vers Lionel avec un air de chien battu
« Bon d’accord, soupira Lionel. On le prend avec nous ! »

Caleb ouvrit les yeux. Il était dans sa roulotte. Les sons de la répétition parvenaient jusqu’à lui. Le soleil était déjà haut dans le ciel.
Il se leva. Il versa l’eau fraîche d’une cruche en terre cuite dans un bassin et se lava. Au-dessus d’un marcel blanc, il enfila une salopette noir dont il retroussa les jambes jusqu’en dessous de ses genoux et sortir de sa roulotte.
Les membres de la troupe étaient assis sur des couvertures et regardaient le numéro de chant d’Elisabeth et de Mary. Caleb s’approcha les mains dans les poches. Les siamoises le saluèrent en souriant et il leur sourit à son tour.
Bertha et Serpentina s’écartèrent pour lui faire une place entre elles et Caleb s’assit.
Bertha le serra dans ses bras et l’embrassa sur le front. Caleb se mit à rire.
« Tu ne peux pas t’en empêcher, hein ? la réprimanda Lionel. Elle lui tira la langue.
« J’ai fait un rêve, murmura Caleb pour ne pas perturber la répétition des siamoises.
- Un rêve ou un cauchemar ? s’enquit Tom.
- J’ai rêvé du jour où vous m’avez trouvé et accueilli parmi vous.
- Alors, c’était un rêve, dit doucement Serpentina.
- Oui, un très beau rêve même. » répondit Caleb en souriant.

Lune Rouge

Jeudi 14 septembre 2006

Chapitre 4                        L’enfant et l’ange déchu
 
Caleb contourna la taverne et se retrouva plongé dans l’obscurité quasi opaque de la ruelle adjacente.
« L’Ange Déchu, hein ? Dit une voix provenant de la pénombre. Le nom de cette taverne est tout à fait approprié vu les circonstances, tu ne trouves pas ?
- Darek, malédiction, tu n’es jamais là quand on a besoin de toi, maugréa Caleb.
- Bonjour l’accueil. Mais pour ce qui est des malédictions, ton grand-père y a déjà pensé avant toi et tu peux me croire, j’ai eu ma dose ! »
Une silhouette se détacha de l’obscurité dévoilant un homme en redingote gris souris. Il avait de longs cheveux châtains foncés retenus en une queue serrée à la base de son cou. Ses yeux étaient mauves foncés, panache des maudits. Il avait une cigarette serrée entre les dents.
« Alors, quoi de neuf, gamin ? » demanda-t-il en s’arrêtant à quelques pas de Caleb.
«  Maître Caleb ! » cria quelqu’un en se jetant littéralement sur lui le faisant chanceler.
«  Bonjour, Diomée, toujours aussi expressive, répondit Caleb en souriant chaleureusement à une fille de l’apparence d’une gamine de 15 ans.
« Maître Caleb, tu m’as tellement manqué. » Lança-t-elle, ses grands yeux dorés à la pupille fendue comme celle des félins emplis de larmes.
« Mais quelle plaie celle-là, maugréa Darek.
- Ne m’abandonne plus, maître. Je ferai tout ce que tu voudras mais ne m’oblige pas à retourner avec ce sale pervers, s’il te plaît. Il est méchant avec moi, il me crie tout le temps dessus. » dit-elle en enfouissant son visage dans la chemise de Caleb.
- Allons, Diomée, il n’est pas si méchant que ça ! Répondit Caleb en caressant le sommet de la tête aux cheveux violine.
- Permets-moi de rester avec toi, maître Caleb.
- Je suis désolée, Diomée, si je vivais seul, peut-être mais je vis dans un cirque. Je ne peux pas te garder auprès de moi.
- Tu parles, dans un cirque peuplé de montres, elle a forcément sa place, lança Darek en ricanant.
- Tu vois qu’il est toujours méchant avec moi, lança Diomée en éclatant en sanglots.
Il fallut plusieurs minutes à Caleb pour la calmer et pour la convaincre que, malgré les apparences, elle était mieux auprès de Darek qu’à ses côtés.
«  Comment fais-tu pour vivre tout le temps avec des humains, demanda Diomée quand elle se fut calmée. Ça pue les humains.
- Moi, ça ne me dérange pas.
- Vois-tu, Diomée, ton maître aime les humains.
- Pauvre maître. C’est peut-être parce qu’il est encore trop jeune pour comprendre à quel point ce sont des créatures abjectes, proposa Diomée en se tournant vers Darek.
- Je crois que c’est un penchant naturel chez lui à aimer tout le monde et à vouloir du bien à tout le monde. Bon après ces touchantes retrouvailles, on pourrait peut-être parler business. Pourquoi m’as-tu appelé ?
- La NI m’a retrouvé, murmura Caleb en se massant machinalement le cou.
- C’était qui ?
- Un prêtre que je n’avais jamais vu.
- Il a pu voir ta cicatrice ?
- Non, je ne la lui ai pas montrée, tu penses bien.
- Il ne va surement pas te lâcher la grappe avant d’avoir eu la preuve que tu es bien celui qu’il recherche.
- C’est aussi ce que je me dis, répondit Caleb sur un ton las.
- Au cirque, tu ne risques rien. Tu es toujours entouré et les prêtres ne sont plus investis d’aucun pouvoir depuis le déclin de la Nouvelle Inquisition. Le Vatican ne le couvre plus. Et pour ce qui est des moments où tu es seul, elles veilleront sur toi.
- Elles ?!
- Comme on se retrouve, petit prince, lança une voix derrière lui. »
Les quatre prostituées s’avancèrent dans la ruelle. Les deux de droite se mirent à briller et fusionnèrent pour ne former qu’une seule et même personne. Les deux de gauche firent de même. Les deux femmes vinrent se placer de part et d’autres de Darek qui posa ses mains sur leurs hanches.
«  Je me doutais bien qu’elles avaient quelque chose à voir avec toi. Personne à part toit ne laisse ses succubes faire le trottoir à la vue de tous, lança Caleb avec un sourire sarcastique.
- Tu as l’œil, mon lapin.
- Tu nous as percées à jour, c’est impressionnant.
- Caleb, je te présente, Isis et Thétis. Elles veilleront sur toi. Elles sont capables de se dédoubler pour former des entités autonomes. Tu ne peux pas être plus en sécurité avec elles comme garde du corps. A priori, tu n’as aucun souci à te faire. Je n’ai entendu parler d’aucun contrat sur ta tête de l’Autre Côté. Ça doit être un petit curé blasé qui entreprend une croisade personnelle contre les méchants.
- Maître Caleb n’est pas méchant, protesta Diomée.
- Pour les prêtres de la NI, nous le sommes tous ! répondit simplement Darek en jetant son mégot sur le sol.
«  Et l’autre, comment se porte-t-il ? » s’enquit Darek
Caleb regarda les paumes de ses mains perpétuellement gantées de noir et dit :
«  Je le sens bouillonner. Il essaie de me parler mais je l’ignore.
- Et dans tes rêves ?
- Il est toujours là et il me fixe. Il me fait voir des choses mais je n’entends pas ce qu’il dit.
- S’il y a du changement de ce côté-là aussi, il faut que tu me préviennes. Au fait, tu as des nouvelles de tes deux nounous ? »
Caleb se mis à rire à la mention du sobriquet de Raphaël et Gabriel. Darek ne les aimait pas beaucoup.
«  Non, je ne les ai pas vu depuis longtemps.
- Beau boulot, ils sont drôlement efficaces, maugréa Darek en allumant une autre cigarette.
- Mon grand-père leur mène sans doute la vie dure. Il les soupçonne.
- Il soupçonne tout le monde. C’est d’ailleurs ce qui m’a valu un aller simple pour la malédiction.
- Sauf que dans ce cas précis, il avait raison.
- Pour mon amour-propre, je préférerais dire qu’il n’avait pas tout à fait tord. »
Caleb se mit à rire.
«  Bon, c’est pas que je m’ennuie mais je vois mal ce que je pourrais faire d’autre. Un conseil, gamin. Reste sur tes gardes et méfie-toi de ceux qui t’entourent. De nos jours, on ne peut être sûr de personne.
Il surpassa Caleb et lui donna une tape amicale dans le dos avant de s’éloigner.
« Maître Caleb ! cria Diomée en se jetant à son cou en larmes.
- Allons, Diomée, nous allons surement bientôt nous revoir.
- Diomée ! rugit Darek, tu te bouges, oui ? »
Elle sécha ses larmes et s’enfuit en courant. Caleb lui fit signe de la main en lui souriant.
«  Cet enfant a un sourire incomparable. » murmura Isis à Darek alors qu’elle s’éloignait avec lui, bras dessus bras dessous.
 
 
Les gens tristes ont les plus beaux sourires
Jasmin (Claude)
 
« Oui, je l’ai toujours connu ainsi. C’est un sourire qui réchauffe le plus froid des cœurs.
- Ça doit être vrai puisqu’il a réussi à te toucher… » répondit la succube.
Darek eut un sourire nostalgique.
 
Douze ans plus tôt…
Canna était une lande désertique de Terrasacra que la Nouvelle Inquisition avait réservé à ses exécutions. Elle était interdite sous peine d’une punition très sévère. Seuls les membres de la NI pouvaient s’y rendre.
On y rencontrait des échafauds, des croix pour les crucifixions et des buchers.
Le soleil tombait sur la lande mais l’atmosphère restait brûlante car les terres désolées commençaient seulement à relâcher toute la chaleur qu’elles avaient accumulée durant la journée.
Les corps des pendus se balançaient au gré du vent, volontairement exposés aux charognards et aux intrus.
Il n’y avait pas âme qui vive… Si ce n’est un homme, crucifié sur sa croix de métal, les membres retenus par de solides cordes qui écorchaient sa peau. Beaucoup de sang avait coulé sur le sol formant une petite mare dans laquelle baignait ce qui semblait être une paire d’ailes blanches comme la neige et de très grande taille.
L’homme avait la tête baissée, son menton reposait contre sa poitrine. Ses longs cheveux foncés sales et imbibés de sueur pendaient de part et d’autre de son visage maculé de poussière.
Son torse nu était brûlé par le soleil. Il ne portait plus qu’un pantalon déchiré qui fut autrefois blanc.
Il sentait que la vie commençait peu à peu à s’échapper de son corps et il ne pouvait pas l’en empêcher.
Soudain, il sentit une présence. Il leva la tête péniblement.
Face à lui, à une distance respectable de sa croix se tenait un enfant. Un petit garçon d’une dizaine d’années, tout au plus. Dans ses bras, il tenait un bassin rempli d’eau qu’il serrait contre lui. Il regardait fixement le crucifié. Il n’y avait ni peur ni effroi dans son regard. Il se contentait de toiser l’inconnu de ses yeux azur affichant un air neutre.
« Dégage, c’est pas un endroit pour les gamins !  murmura le crucifié d’une voix rauque
- Il ne fallait pas m’appeler si tu ne voulais pas que je vienne, répondit l’enfant sur un ton détaché.
- C’est pas toi que j’appelais, répondit l’homme sur un ton abrupt. Mais attends, comment t’as pu m’entendre ? C’est impossible. Les humains ne peuvent pas entendre ça !
- Tu rigoles ou quoi ? J’ai bien cru que t’allais m’exploser les tympans à crier comme tu le faisais. Tu voulais de l’eau non ?! Je t’en ai apporté. » dit l’enfant en tendant la bassine devant lui.
« Dégage, je te dis. Ils ne viendront pas me délivrer s’ils sentent la présence d’un humain. Ils croiront que c’est un prêtre de la Nouvelle Inquisition.
- Personne ne viendra de toute façon. Personne ne vient jamais délivrer les supplicié de Canna. » répondit le gamin en déposant le bassin sur le sol et en s’avançant vers la croix.
- Fous le camp, nom de Dieu, combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ? 
- Arrête de blasphémer, soupira le gosse. C’est pour ça que tu as été maudit ?
- Comment tu sais ça toi ?s’écria le crucifié.
- Bah, on n’arrache pas les ailes d’un ange pour rien. Tu as été maudit. Tu es un ange déchu ! »

L’homme arborait un air halluciné Comment ce mioche pouvait-il en savoir autant sur le sujet. Et comment, au nom du ciel, pouvait-il l’avoir entendu appeler les démons du crépuscule à son secours ?

Le gamin sortit un couteau de la poche intérieure de sa veste rapiécées et découpa les cordes qui maintenaient les jambes de l’inconnu Ensuite, il entreprit d’escalader la croix.

« Mais qu’est-ce que tu fous encore ?

- Je viens te délivrer, quelle question ! » dit-il et il sourit De sa vie, jamais quelqu’un ne lui avait souri de cette façon. C’était un sourire plein de chaleur, un sourire qui réchauffe le cœur, qui efface toute trace de tristesse, de colère. C’était un sourire bienveillant.

L’enfant grimpa sur le bras de la croix et s’y assis à califourchon.

« Descends de là, nom de Dieu, tu vas tomber.

-Arrête d’être aussi grossier. Ça ne t’attirera que des ennuis, le réprimanda le gamin.
- Je rêve, un mioche qui me fait des leçons de morale, on aura tout vu. »
L’enfant commença à découper la corde qui retenait son poignet droit. Il rampa jusqu’à l’autre bras et commença à le libérer.
« Je crois que la chute va être un peu brutale… Au fait, je m’appelle Caleb, Caleb Livingstone. »
Le crucifié ne dit rien pendant un moment puis finit par murmurer :
« Darek »
La corde lâcha et il s’écroula sur le sol.
*
*   *
Quand Darek se réveilla, il se trouvait dans une grotte et les rayons du soleil levant baignaient son visage. Son torse avait été bandé et toutes ses blessures soignées. Il était fatigué, courbaturé mais en vie. Il sentit un poids sur ses jambes et baissa la tête pour voir que la gamin dormait la tête sur ses genoux. Il l’avait traîné tout seul jusqu’à cette grotte et soigné ses blessures.

« Hé, gamin, réveille-toi » lança Darek en le secouant doucement.
« Gamin. » Comment avait-il dit qu’il s’appelait déjà ?…
« Caleb, réveille-toi ! »
L’enfant grogna, s’étira puis se redressa d’un coup, l’air affolé.
« C’est déjà le matin ?! s’écria-t-il ? Je vais me faire désintégrer » Il s’assit de nouveau pour remettre ses bottines.
« C’est toi qui m’a traîné jusqu’ici ?
- Oui, répondit Caleb. Maintenant, il faudrait que tu te caches un peu mieux. Ils vont bientôt s’apercevoir que tu n’es plus sur la croix et là, ça va être la panique en ville. Je reviendrai ici déposer de la nourriture, tu n(auras qu’à la prendre quand tu te seras assuré que la voie est libre. Mais là, faut vraiment que j’y aille sinon, je vais me faire disputer »
Caleb se remit debout. Il s’apprêtait à sortir de la grotte quand la voix de Darek s’éleva.
« Pourquoi m’as-tu aidé ?
 
Il n’existe pas de meilleur exercice pour le cœur que de se pencher pour aider quelqu’un à se relever.

Holmes (Jean Albert)
 
- D’abord, parce que tu l’as demandé. Puis, moi, je me fiche de ce que tu as fait. La nouvelle Inquisition dit qu’ils sacrifient des gens pour le bien du peuple, qu’ils ne recherchent que notre prospérité matérielle et spirituelle mais ils torturent des gens pour leur faire avouer leur crime. Qui n’avouerait pas toutes les fautes du monde pour que la torture s’arrête ? Ensuite, ils les tuent et laisse leur cadavre exposés pourrir sous le soleil sans leur offrir une sépulture sanctifiée. Tu trouves que c’est faire le bien ça toi ? Et puis… »
Il se retourna et sourit à Darek.
« Toi et moi, nous sommes pareils. Nous sommes tous les deux maudits. »
Puis, il s’en alla en courant. 

Et voilà, encore un chapitre de conclu. Le prochain est troujours un flash back, c’est la suite en fait. Laissez des commentairesAerith21 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Lune Rouge

Mercredi 13 septembre 2006

Chapitre 3               Raven, le garçon-manqué
 
« Eddy ! » cria Lionel, déboulant dans la roulotte du directeur du cirque en enfonçant pratiquement la porte.
« Lionel ?! S’écria le directeur. Qu’est-ce qui t’arrive ?
- Dépêche-toi, il y a quelque chose qui ne va pas avec Caleb.
- Quoi ?
- Ne perdons pas de temps viens avec moi ! »
Il y  avait déjà presque toute la troupe autour de Caleb quand Eddy arriva sur les lieux.
Le garçon était à genoux, ramassé sur lui-même et tremblait comme une feuille. Par moment, il se mettait à quatre pattes et vomissait.
« Je ne sais pas à quoi cet homme faisait allusion. En tout cas, ça l’a drôlement secoué. Ca fait plus d’un quart d’heure qu’il n’arrête pas de vomir et de trembler, murmura Lionel à Eddy.
- Quoi ? Mais de quel homme parles-tu ?
- Un prêtre de la Nouvelle Inquisition. Il l’a apostrophé et a commencé à lui parler d’un gamin qui aurait été pendu il y a quelques années. Quand je suis intervenu, l’homme a fini par s’en aller et c’est après son départ que Caleb a commencé à être malade. C’est pas fini, boss, ajouta l’homme à face de lion en baissant d’avantage de ton.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Il y a une sorte de cicatrice qui fait tout le tour du cou de Caleb. Comme si… comme si… balbutia Lionel.
- Comme s’il avait été pendu ?! » acheva Eddy.
Lionel acquiesça.
« Allons, Caleb, lève-toi maintenant, dit doucement Elisabeth en lui caressant gentiment le dos.
- Ne reste pas là. Si tu es malade, va te mettre au lit, ajouta Mary.
- Allez-vous en, laissez-moi tranquille. » cria Caleb en repoussant la main d’Elisabeth.
Les membres de la troupe parurent tous choqués par sa réaction. Jamais Caleb ne les avait repoussés de la sorte.
Eddy décida qu’il était temps qu’il prenne les choses en main.
« Bon, allez tous à vos roulottes. Nous partons en ville dans dix minutes.
- Mais Eddy… commença Henri.
- Il n’y a pas de mais. Je dois parler à Caleb seul à seul. »
Les membres de la troupe hésitèrent un moment puis s’exécutèrent à contre cœur.
Quand ils furent tous partis, Eddy se croisa les bras sur la poitrine et étudia Caleb d’un air neutre. Le garçon quant à lui prenait soin d’éviter le regard du directeur.
«  Ainsi tu as des démêlés avec la Nouvelle Inquisition, Caleb… »
Il ne répondit pas. Le silence tomba un moment  puis le jeune homme demanda :
« Tu vas me virer, Boss ?
- Caleb, ici, nous avons tous eu des ennuis avec la Nouvelle Inquisition à un moment ou à un autre de notre vie. Ceci dit, aucun de ces ennuis ne nous a menés à l’échafaud, dit calmement Eddy. Tu faisais partie de la troupe avant même que j’en assure la direction. Mais à la vue des réactions de la troupe, toute cette histoire s’est passée avant que toi-même tu en fasses partie. Cela faisait donc de toi un gosse d’à peine 10 ans. Quoiqu’il ait pu faire, je ne pense pas qu’un môme mérite d’être pendu haut et court même par la NI (Nouvelle Inquisition). »
Eddy marqua une courte pause puis reprit.
«  Ce qui caractérise notre troupe, ce sont les lourds passés que chacun de nous doit porter. Mais je me moque de ces passés ! Je ne m’intéresse qu’aux personnes que vous êtes aujourd’hui. »
Caleb leva enfin la tête vers Eddy et croisa son regard.
« Laisse-moi cependant te dire que ta réaction les a blessé. Tu les as repoussés comme des malpropres. Tu sais qu’ils feraient tout pour toi. Tu leur redonnes la joie de vivre et c’est pour toit qu’ils vont de l’avant et ne se laisse pas abattre par les moqueries. Chaque sourire que tu leur donnes illumine leur sombre vie comme le ferait un rayon de soleil. Ne les abandonne-pas, Caleb. Ouvre-toi à eux.
- Je ne suis pas encore prêt pour leur parler de ça, murmura le jeune homme en baissant la tête.
- Je ne te demande pas de leur raconter ce qui t’es arrivé mais seulement de les laisser t’épauler dans les moments difficiles et surtout de ne pas les envoyer bouler comme tu l’as fait toute à l’heure. Les membres d’une famille doivent s’entraider, tu ne crois pas ? »
De nouveau, Caleb leva la tête vers Eddy et força un sourire.
« Je préfère ça ! lança Eddy sur un ton joyeux. Il étendit une main vers Caleb.
« Alors, on va le boire ce verre ? J’ai le gossier desséché à force de débiter des trucs philosophico psychologiques. »
Caleb se mit à rire franchement cette fois et accepta la main du directeur.
« Bon attends-moi là, avec tout ça, j’ai oublié Ned dans ma roulotte. Il va m’en vouloir à mort. »
Eddy s’éloigna en courant. Caleb resta seul, debout, au milieu du silence.
« Pourquoi t’es jamais là quand il faut, hein, Darek ? » murmura-t-il en serrant les poings.
*
*  *
En ville, il y avait une ambiance de folie.
Les grandes cités de Terrasacra étaient réputées pour leur animation nocturne et Mamré ne faisait pas exception.
Les rues étaient noires de monde. Le beau linge et le sale s’y côtoyaient. Les filles de joie aguichaient les passants, les artistes de rue s’adonnait librement à leur art, les couples s’embrassaient et se pelotaient contre les cloisons de bois des baraques. Le long des maisons de bois s’étendaient des dizaines de stands de jeux de hasard. Cartes et dés, il y en avait pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Les travestis dansaient au milieu de la rue et les homosexuels s’embrassaient goulument sans redouter les interdictions de la NI. Le soir venu, Mamré la sereine s’endormait et la ville de la débauche et de la perversion s’éveillait.
Les lumières des lanternes et la poussière des routes en terre battue offraient une ambiance tout à fait particulière.
Les membres de la troupe essayaient tant bien que mal de se frayer un chemin à travers la foule en folie. Ils cherchaient à atteindre la taverne de l’Ange Déchu.
Quatre prostituées s’approchèrent de la troupe.
« Viens nous voir, mon chéri.
-Comme tu es mignon, viens donc t’amuser avec nous. » Crièrent-elles à Caleb. Celui-ci s’arrêta et tourna la tête vers elle.
«  C’est à moi que vous parlez ? demanda-t-il.
- Oui, mon lapin, c’est à toi que l’on parle.
- Arrêtez de l’ennuyer, Catins, il n’a rien à faire avec vous ! lança Lionel en s’interposant entre Caleb et les quatre femmes.
- Toi, le poilu, on t’a pas sonné, c’est au petit prince au joli minois qu’on cause.
- On va pas le manger. On voudrait juste discuter avec lui.
- Mesdames, j’en serais honoré. » lança Caleb en s’inclinant profondément. Elles se mirent à glousser.
« Mesdames ?! Tu nous honores, petits.
- Personne n’a jamais dit de nous que nous étions des dames.
- Cela dit, j’ai promis à mes amis de boire un verre en leur compagnie. Je vous propose donc de vous retrouver après et nous pourrons discuter. » Et Caleb sourit chaleureusement.
« Quel amour, quel magnifique sourire.
- Il est tellement mignon. »
Elles s’éloignèrent en gloussant alors que Caleb leur faisait signe de la main.
« Toi alors, tu es gentil avec tout le monde ! lança Tom.
- Elles ne sont pas mauvaises. Elles veulent juste un peu d’attention.
- Ce n’est pas ça qu’elles veulent, si tu veux mon avis, ricana Bertha
- Tu vois le mal partout. » soupira Caleb alors qu’ils arrivaient devant la porte de l’Ange Déchu.
Ils pénétrèrent dans la taverne et tous les regards se tournèrent vers eux. Les clients les dévisageaient en chuchotant et en riant. Ils y étaient habitués et n’y faisaient plus attention.
Ils choisirent de s’asseoir dans un petit coin sombre. Caleb s’installa près d’une fenêtre et y plongea son regard.
L’endroit était assez charmant. Les lumières tamisées des chandelles donnaient une ambiance intime mais un piano rythmait les conversations animées des clients ; Toutes les tables étaient de bois massif et les serveuses couraient entre elles pour satisfaire la clientèle.
« Qu’est-ce que je peux vous servir ? » demanda une jeune serveuse. Elle portait d’habit de travail de la taverne. Un caraco blanc découvrant les épaules avec un bustier noir très serré et une jupe pendant jusqu’aux chevilles en velours bordeaux. Sa longue crinière ardente et bouclées était maîtrisée par une natte qui retombait sur son épaule droite. Ses yeux émeraude observaient attentivement ses clients.
«Bonté divine ! s’écria Bertha. Raven, tu es déguisée en fille aujourd’hui ?!
- Je trouve ça déplacé de recevoir ce genre de remarque de la part d’une femme à barbe, Bertha ! répondit la jeune femme sur un ton courroucé.
- Je me souviens tellement bien de ta mère. Elle était si belle, si féminine. Adulée par tous les hommes. Et quand je te vois… continua Bertha avec un sourire sournois.
- Ca suffit, Bertha, ma patience a des limites, bougonna Raven le poing levé et menaçant.
- Seigneur, mais avec un comportement comme le tien, tu ne te trouveras jamais de mari.
- Je vais t’étrangler ! » Cria Raven en s’avançant vers Bertha qui riait à gorge déployée. Lionel retint la jeune serveuse par la taille pour l’empêcher de sauter sur la femme à barbe.
«  Je vais t’arracher les yeux, Bertha. Lâche-moi, Lionel que je puisse lui régler son compte !
- Non définitivement, cette fille ne conviendra jamais à aucun homme. Se moqua Bertha. Nous n’avons qu’à lui arranger un mariage avec Caleb puisqu’ils ont presque le même âge. Comme ça on reste dans la famille. Et puis comme on a pu le constater, Caleb s’accommode de tout !
- Quoi ?! rugit Raven en devenant rouge comme une pivoine.
- De quoi parlez-vous ? » s’enquit Caleb dont l’attention venait d’être ramenée sur terre par la mention de son prénom. Il n’avait rien suivi à l’échange jusque là.
« Tiens, Raven ! Bonsoir. » dit-il en souriant. La jeune femme rougit de plus belle. Caleb afficha d’un coup une expression de profonde surprise et s’écria :
« Mais, tu es habillée en fille ! »
La troupe explosa d’un rire tonitruant alors que Raven devenait cramoisie de colère.
« Espèce de goujat, malpoli, insensible, sans cœur ! » hurla-t-elle en lui lançant une serpillère détrempée qu’il évita de justesse.
« Tu ne vaux pas mieux que les autres ! »
 Dit-elle en lui lançant une cruche d’eau. Encore une fois, il l’évita en glissant contre le dossier de son siège.
« Retenez cette furie ! » lança Eddy en bondissant sur ses pieds afin de retenir Raven qui s’apprêtait à leur lancer un verre de bière à la tête.
« Mais qu’est-ce que j’ai fait ? gémit Caleb en se protégeant de tête avec les mains.
- Si tu veux mon avis, ce n’est pas vraiment ce que tu as fait mais plutôt ce que tu as dit, répondit Bertha en hurlant de rire.
- Tu es vraiment méchante, Bertha, gémit Raven. Vous verrez quand on sera au cirque, vous me le paierez. Et toi aussi ! » ajouta-t-elle en désignant Caleb d’un air menaçant.
Raven faisait elle aussi partie de la troupe. Elle avait intégré le cirque avant Caleb, alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. Sa mère était la charmeuse de serpents de la troupe. Elle était morte quand Raven n’avait encore que 8 ans, emportée par la tuberculose. Caleb ne l’avait pas connue car il ne faisait pas encore partie de la troupe à cette époque. Raven n’ayant qu’elle au monde, Eddy avait accepté qu’elle reste avec la troupe bien qu’elle ne montrât aucune disposition particulière pour le spectacle.
Son truc à elle c’était la mécanique. Elle avait déjà construit les appareils les plus farfelus pour améliorer les spectacles.
Raven avait toujours eu l’habitude de se débrouiller seule, elle était délurée et très débrouillarde, mais l’absence de sa mère l’avait transformée en garçon manqué bagarreur.
Contrairement à Caleb dont elle était de un an et demi l’aînée, elle n’avait jamais recherché l’amour de substitution des femmes de la troupe. Elle se chamaillait plus souvent avec elles qu’autre chose surtout avec Bertha.
Dans chaque ville où s’arrêtait le cirque, Raven essayait de se trouver un petit boulot afin de ramener de l’argent à Eddy. Bien que son rôle d’inventrice et de mécanicienne soit très apprécié par le directeur, Raven jugeait qu’elle ne contribuait pas au même niveau que les autres à la prospérité de la troupe et donc cherchait du travail pour payer son entretien par le cirque.
Caleb qui observait en riant Lionel et Eddy qui tentait de calmer Raven vit une ombre passer devant la fenêtre. Il observa au dehors un moment puis se leva.
« Excusez-moi, mais je dois m’absenter un moment. Je reviens tout de suite. » dit-il en souriant. Et il se dirigea vers la porte de la taverne.
Voilà pour le chapitre 3. Laissez des commentaires
Aerith21


 
 
 
 
 
 
 

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