Archive de la catégorie ‘histoire naturelle’

Les défenses naturelles des plantes

Dimanche 19 novembre 2006

Voilà, mon côté agronomique ressort encore et je vous propose dans cet article de vous expliquer comment les plantes se défendent toutes seules sans notre aide.

Les plantes ont depuis toujours su se protéger contre leur environnement biotique (c’est à dire tout les agresseurs vivants donc cela ne comprend pas les trops fortes température, le vent, le gel qui constituent l’environnement abiotique) grâce à un système de défense complexe.Les défenses peuvent être divisées en deux branches :

  • Les défenses constitutives (statiques)
  • Les défenses induites (actives)

Les premières sont constituées par les toxines, la cuticule, la lignification, la production de résines, les épines, …Il est également possible diviser les défenses induites en deux sections :

  • Les défenses induites directes
  • Les défenses induites indirectes

Les premières agissant directement sur le ravageur, les seconde faisant intervenir un troisième niveau trophique par l’intermédiaire du prédateur ou du parasitoïde de ce ravageur.Il a pu être montré au cours des études sur le sujet que les plantes répondaient différemment en fonction du type et du type trophique( c’est à dire la manière dont un ravageur se nourrit : si c’est un broyeur, un piqueur-suceur…) du ravageur l’attaquant.

Ceci montre qu’il existe une relation entre le ravageur et sa plante hôte. Par ailleurs, il a également été montré que les plantes étaient capables de « communiquer » entre elles, s’avertissant mutuellement du danger.

Prenons l’exemple d’une attaque par une bactérie ou un champignon, nous allons les considérer comme potentiellement pathogènes

Quand un pathogène (le champignon, la bactérie ou encore le virus) attaque une plante, c’est le système de défense induite qui est concerné.Quand la plante est attaquée par des organismes potentiellement pathogènes (insectes, microorganismes, …), elle réagit en produisant des métabolites secondaires (c’est à dire autre que les protéines, les lipides et les glucide qui sont des métabolites primaires car produits par les principaux cycles métaboliques de la plante), en modifiant la composition et les propriétés physiques de ses parois cellulaires. Les cellules envahies initient la mort cellulaire programmée (cela veut dire que la plante suicide volontairement certaines de ses cellules) afin de contenir le pathogène. Ces réponses constituent la réaction d’hypersensibilité (HS). Cette réaction est déclenchée par des bactéries, des virus, des nématodes, des champignons qui produisent des éliciteurs (molécules auxquelles les plantes vont réagir car elles constituent la carte d’identité du pathogène. Genre: attention, j’arrive et je vais te causer du tord).Cette réaction est variable suivant le pathogène mais il existe néanmoins des caractéristiques communes.Le premier événement consiste en l’activation des « gènes de défense » et la synthèse des la protéine pour laquelle ils codent : les protéines PR (pathogenesis-related proteins). Celles-ci comprennent :

  • La chitinase qui dégrade la paroi cellulaire des champignons
  • La peroxidase qui s’associe à la paroi cellulaire afin de la renforcer
  • Des phytoalexines, composés antimicrobiens limitant la croissance des pathogènes
  • D’autres protéines antimicrobiennes

Il y a lieu aussi de noter l’accumulation de lignine, callose et de subérine renforçant la paroi cellulaire et la rendant moins fragile à l’attaque des pathogène.

Finalement, les cellules vont initier la mort cellulaire programmée. Au stade actuel des choses, nous sommes encore incapable de savoir si les différents composants des réactions d’hypersensibilité sont des événements séquentiels ou parallèles.

Mais c’est pas tout. Quand un organe de la plante est attaqué, celui-ci va envoyer des messages chimiques aux autres parties de la plantes qui vont agir comme une un système d’alarme capable de prémunir les autres cellules et tissus de la plante contre les futures attaques de pathogènes. En effet, il a été constaté que la l’HR était, au départ, limitée au site d’infection mais qu’au fil des heures et des jours, la réaction se généralisait à la plante entière. C’est ce que l’on appelle la résistance systémique acquise (SAR).

MAis la plante va aussi prévenir ses voisines qu’un pathogène risque de les attaquer. Elle produit des substances volatiles qui vont atteindre les autres plantes et induire chez elles aussi des réactions de défense.

Alors, est-ce que vous avez tout compris? Et que pensez-vous des petites plantes maintenant, est-ce que vous les regardez de la même manière?

Curiosités japonaises

Dimanche 5 novembre 2006

nos amis les japonais ne font décidément pas les choses comme nous (un peu comme les anglais, vous me direz, pas besoin d’aller si loin). Mais là, c’est assez curieux.

Comme je suis dans la section horticulture, sous-branche de l’agronomie, je vais parler du japon, pas en terme de manga, mais en terme de fruit cette fois.

Il faut savoir qu’au Japon, on ne risque pas de croiser des écoliers sortant une pomme de leur poche et la croquant à pleines dents comme on le fait chez nous.

Non. Le fruit, au Japon, c’est un cadeau aussi précieux qu’un bijou.

Les fruits doivent être de couleur parfaitement uniforme (sauf si le cultivar présente deux couleurs comme pour la jonagold), ils ne doivent présenter aucun défaut, mais quand je dis aucun, c’est vraiment aucun. Ils sont de diamètres hallucinant (Chez nous, il serait impossible de vendre des fruits aussi gros).

Mais comment réalisent-ils une telle production? Et bien, croyez-moi si vous voulez, mais ils réalise la fécondation des fleurs manuellement et ils les protègent d’un sachet pour éviter une contamination avec du pollen extérieur ou une attaque de maladie et de ravageurs. (Imaginez de faire ça sur nos 40 hectares de verger fruitieremoticone) Le fruit en croissance à l’abris dans le sachet, ils pulvérisent à outrance l’arbre pour qu’il ne soit pas malade.

Pour garantir un format surdimensionné des fruits, ils éclaircissent souvent. C’est à dire qu’ils taillent l’arbre de manière à ce qu’il yait peu de branches. Ils enlèvent des fleurs car plus il y a de fleurs, plus il y a de fruits et plus il y a de fruits, plus ils sont petits. Ensuite, quand les fruits se mettent à grossir, ils enlèvent les jeunes fuits qu’ils jugent exédentaires.

Les fruits restent dans le sachet durant toute le croissance.

Ensuite, pour avoir un rouge parfait, pour la pomme par exemple, ils enlèvent soudainement le sachet et exposent le fruit au soleil. Le fruit prend très rapidement une coloration rouge.

Vous imaginez bien qu’avec une utilisation aussi importante de main d’oeuvre et d’intrants, vous avez des pommes qui coûtent facilement 5 euro pièce.

A la fin, vous obtenez des fruits parfaits de calibre hallucinant.

Alors vous allez sans doute vous dire, mais enfin vu le prix de leurs pommes, les japonais achètent surement plus régulièrement les fruits importés.

Et ben non, car le gouvernement japonais est futé.

Je continue avec les pommes. Comme les lois du commerce empêchent à un pays de refuser d’importer des produits d’ailleurs, les japonais ont décidé de jouer sur le passeport phytosanitaire. En effet, ils ont décrété qu’ils refusaient d’importer des fruits de pays connaissant le feu bactérien (ça ils peuvent le faire, les lois du commerce de les en empêchent pas). Or, en dehors de l’Australie et du Japon lui-même, tous les autres pays producteurs de pommes connaissent cette maladie bactérienne.

Le Japon se prémunise donc ainsi contre les productions européennes et américaines.

Ils importent simplement des pommes australiennes car produites en contre saison.

Mâlin non?

Le tigre de Tasmanie: une espèce éteinte

Dimanche 10 septembre 2006

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C’est une histoire bien triste que celle du tigre de Tasmanie (encore appelé loup de Tasmanie ou Hyena).

Son nom scientifique est Thylacinus Cynocephalus.

Le Thylacine est brun. Il possède 15 à 20 rayures foncées sur le dos depuis les épaules jusqu’à la base de la queue. Les pattes sont relativement courtes. Les poils sont denses et courts.Ils ont des oreilles courtes et droites. Leur machoire est très puissante et munie de mâchoire 46 dents. Le mâle est plus grand que le femelle et mesure 1 mètre.

Le Thylacine femelle a en moyenne quatres petits qu’elle garde dans une poche ventrale. Et oui, c’est étrange mais le tigre de Tasmanie est un marsupial (kangourou, koala…).

C’est un animal nocturne voire semi-nocturne. Il se nourrit de petits mammifères et d’oiseaux.

Quelques années plus tard on rapporte que les Thylacines attaquent moutons et la volaille.

Tout se passait bien pour lui jusqu’à ce que par malheur, les Européens débarquent en 1803. Voilà que notre ami le tigre commence à attaquer la volaille et les moutons des colons( qui n’avaient rien à foutre là, je tiens à le préciser.

Ensuite débarque en 1830 une campagne d’évangélisation  qui, comme toutes celles dans son genre, aura fait plus de mal que de bien. Non seulement aux peuples indigènes mais aussi à l’écosystème.

Elle propose alors une récompense pour chaque tigre tué. Surnommé le tueur de moutons, le tigre fait alors l’objet d’une chasse sans merci…Plusieurs milliers d’entre eux sont tués, la survie de l’espèce est en danger et étrangement aucun scientique ne daigne s’intéresser à eux (oui ils étaient probablement en train de rechercher en Amazonie des crevasses où des dinosaures auraient pu survivre. C’est tout de suite beaucoup plus intéressant).

Puis, comme toutes les espèces destinées à s’éteindre, notre tigre se retrouve dans un zoo. Là encore, les hommes de science de l’époque n’ont pas compris que même en captivité, il était possible de maintenir une espèce. Ce zoo sera la dernière demeure du tigre de Tasmanie.

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En effet, Le 7 septembre 1936, le dernier tigre tasmanien connu meurt en captivité dans le zoo de Hobart en Tasmanie.

Le garde de poste de jour oublie de fermer le toit de la cage et l’animal meurt sous l’exposition du soleil. Jusqu’à la fin, c’est l’homme qui aura été l’instrument des l’extinction de cette espèce.

Les colons ont éradiqué cette espèce 140 ans après leur arrivée.

Il n’existe aucune photo de cet animal dans son élément naturel et seulement quelques unes prisent dans des zoos. Aucune étude n’a été faite sur cet animal durant son existence, ni même pendant sa période d’extinction.

Il existe par ailleurs à l’Australian Museum, à Sydney, un bocal dans lequel flotte un jeun tigre de Tasmanie depuis 1866. Les scientifiques ont bon espoir de pouvoir le clôner et ainsi le rescuciter.

Mais que finira-t-il par nous arriver, à nous, espèce parmi tant d’autres qui tentons de jouer aux apprentis sorcier? Ne vaut-il mieux pas ne pas commettre de bêtises plutôt que de vainement essayer de les réparer?

Toutes les espèces répondent aux lois de la nature, manger ou être mangé. Mais dans ce cas précis, risquions-nous vraiment d’être dévoré?

Aerith21