Quel personnage êtes-vous?

24 septembre 2006

Pour ceux qui connaissent le manga et l’anime, voici un petit teste amusant.

Moi je suis Yoshikawa, ce qui n’est absolument pas flatteur quand on lit ce qu’on dit de lui. C’est pas très exact mais il y a des questions auxquelles il est difficile de répondre car on ne sait pas trop comment on réagirait dans la situation.

Enfin bref voici le lien:

http://www.quizilla.com/users/gtojo/quizzes/Quel%20personnage%20de%20GTO%20es-tu%3F

Et un autre pour savoir quel perso de full metal alchemist vous êtes. Ici je suis Izumi, c’est le maître (féminin) d’Ed et Al.

http://quizilla.com/users/Envymel/quizzes/

Quel animal êtes-vous?

23 septembre 2006

Voici encore un petit test mais cette fois pour savoir quel animal vous pourriez être.

http://www.tasante.com/profiling/index.phtml?id_jeux=183

Moi, je suis le Lion, voilà ce qu’on en dit. 

Animal émotif, rugissant à la moindre attaque, tu pourrais être Lion !

Qui s’approche de toi d’un peu trop près, qui ose s’attaquer à un de tes proches, risque se vie ! T’es pas quelqu’un de facile et de coopératif, et t’es très impulsif(ve)… donc vaut mieux pas te chercher ! C’est ton côté émotif qui ressort, une sorte de mécanisme de défense naturelle, comme pour préserver tes proches, garder ton territoire ou empêcher qu’on te fasse du mal. Tu as du mal à anticiper les problèmes et souvent tu réagis au dernier moment, d’une façon très forte et brutale. Tu peux faire des choix sur un coup de tête, juste par intuition.

Voilà, testez-vous!

Mc DO

23 septembre 2006

Grâce à ce cher Confucioos, je peux vous écrire cet article. Figurez-vous qu’il a découvert un site qui permet de devenir géranr d’un Mac DO. On doit ABOLUMENT tout gérer. ça va du champ, au service marketing en passant par l’abattage, la confection des menus, la motivation des employés ou leur renvois s’ils sont nuls. On peut utiliser des OGM, désintégrer les vaches si elles sont malades,…

C’est un excellent reflet de notre agriculture telle qu’elle est aujourd’hui (surtout en amérique pour ce qui est des OGM) et c’est une agronome qui vous le dit.

C’est ironique, bourré d’humour noir et surtout franchement IMMORAL. Mais je vous le conseille franchement car c’est une bonne FARCE de notre société actuelle.

http://www.mcvideogame.com/game-eng.html

test de « personnalité »

20 septembre 2006

Hello, voici quelques tests amusants pour savoir quel perso de harry potter, du seigneur des anneaux, … vous êtes. Bon, ils sont pour la plupart en anglais, désolée. Il suffi de cliquer sur les liens.

Quel perso du seigneur des anneaux êtes-vous? Moi je suis Galadriel

http://www.geocities.com/mydigitalview/lotr_person.html

Quel perso de Harry Potter êtes-vous? Je suis Ron

http://pages.prodigy.net/hpdevo/quiz/

Quel perso de star wars êtes-vous? Je suis Han Solo

http://www.liquidgeneration.com/content/a55hat.aspx?cid=1415

Quel perso des simpson êtes-vous? Là, je suis Marge

http://www.matthewbarr.co.uk/simpsons/

Quel perso de cartoon êtes-vous? Ici je suis Titi

http://naucon.net/misc/tests/cartoon_char.htm

Quel super héro êtes-vous? Bon c’est surtout des questions orientées mecs mais je suis Punisher

http://www.liquidgeneration.com/content/a55hat.aspx?cid=183

Voilà, si vous avez du temps à perdre amusez-vous bien lol

Charades

19 septembre 2006

Dans cette section, je vais poster régulièrement des petits jeux qui ont pour but de faire fonctionner le cerveau. Je vais commencer par des charades. C’est sympa et pas trop dur pour une début.

Envoyez vos propositions. Les solutions seront publiées samedi.

1) Mon premier est le mâle de la poule,
   On utilise mon deuxième pour couper le bois,
   Mon troisième est la quatorzième lettre de l’alphabet,
   Mon quatrième aide les oiseaux à voler,
   Et mon tout est un insecte souvent appelé « la bête à Bon Dieu ».

2)Mon premier est un oiseau bavard,
   Mon deuxième est un rongeur,
   Mon troisième fait grossir,
   Mon quatrième est un nombre pair,
   Et mon tout est un monument d’Egypte.

3) Mon premier est un animal domestique,

   Mon second hurle sous la lune

   Mon troisième est la cinquième lettre de l’alphabet

    Mon tout permet de voyager sur l’eau

C’était franchement donné pour commencer. C’est pas bien difficile

Hayao Miyazaki

19 septembre 2006

Hello tout le monde, je suis de retour et je vais vous parler de mon réalisateur japonais préféré Hayao Miyazaki. Prosternez-vous devant son immense génie et son incomparable talent. Bon, là, faut que je me calme, ça ne va plus.
Bien, alors que nos amis français ont eu l’immense bonheur et privilège de pouvoir admirer dans leurs salles obscures le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre, j’ai nommé Nausicaa de la vallée du vent, nous autres belges, toujours en retard d’une guerre en ce qui concerne les manga ( aussi bien papier que anime soit dit en passant), devrons attendre jusqu’à… Et bien il est là le problème, jusqu’à une date indéterminée du moins dans les cinés du groupe imagix.
Je me suis donc dit que j’allais vous parler des films de ce grand réalisateur afin de peut-être faire naître en vous, une passion aussi dévorante que la mienne.
D’abord avec Miyazaki rime toute une série de thématiques récurrentes et que l’on retrouve dans ses mangas. C’est un farouche défenseur de la nature, il condamne souvent la barbarie de l’homme à son égard. Il est radicalement opposé à tout ce qui est guerre, armée et engagement militaire. Les « méchants » dans ses films s’avèrent toujours être plus gentils qu’ils ne le laissent penser de prima bord. Miyazaki c’est aussi la beauté des paysages, la grande qualité des dessins et de l’animation, la splendeur de la musique de Joe Hisaishi…
Donc, en attendant Nausicaa, je commencerai par vous parler du château ambulant (Howl’s moving castle). D’accord ce n’est pas son meilleur, loin de là mais c’est le plus frais dans ma tête.
Le scénario provient du livre de l’écrivain anglais Diana Wynne Jones : le château de Hurle. J’ai bien sûr lu le bouquin qui est assez différent de l’anime mais je dois dire que j’aime les deux. Disons que le caractère du magicien (Hurle pour le livre et Hauru pour l’anime. Bon en fait ça veut dire la même chose sauf que Hauru c’est en japonais) est plus drôle dans le bouquin. C’est une vraie chochotte, imbu de sa personne et nunuche au possible. Il est assez différent dans l’anime ceux qui l’on vu ne pourront pas me contredire.
Encore une fois, on ne peut que déplorer la médiocrité du choix des voix françaises. C’est pourtant mieux choisi que pour les séries manga. Ne parlons même pas de la version anglaise où c’est Christian Bale qui campe Hauru. Il vous faut imaginer un magicien aux traits très efféminés avec la grosse voix de batman ( ou d’un ecclésiaste dans equilibrium pour ceux qui connaissent) , franchement, ça ne donne pas. Mais bon, passons.
L’histoire ! Ça se passe dans le pays de Ingary. Sophie Chapelier (18 ans) travaille dans la boutique dont elle a hérité de son père et y est modiste.

Sophie

Sophie Chapelier

Toute la journée, elle crée des chapeaux dans l’arrière boutique et est très refermée sur elle-même. Elle n’a pas confiance en elle et se trouve moche. Sa belle-mère est directrice de la boutique et sa sœur, Lettie, qui attire tous les hommes travaille dans une boulangerie.
 Ingary est depuis peu en guerre depuis que le prince héritier du royaume voisin a disparu et accuse le roi de l’autre royaume d’être responsable. Dans cette guerre futile, les monarques recrutent tous les magiciens disponibles pour essayer de gagner la guerre.
Pour couronner le tout, le château ambulant du magicien Hauru survole la lande à proximité de la ville. Hauru est réputé pour séduire les belles femmes et dévorer leur cœur.

chateau Le chateau de Hauru 
 Un jour, Sophie décide d’aller voir sa sœur à la boulangerie. Sur le chemin, elle est apostrophée par des gardes qui veulent lui offrir à boire et qui sont très insistants. Elle est sauvée par un beau jeune homme blond qui par un étrange tour de passe-passe les fait dégager.

Le magicien est cependant suivi par d’étranges créatures en caoutchouc et entraîne Sophie dans sa galère. Après s’être envolés pour échapper à leurs poursuivants, la magicien dépose Sophie chez le boulanger et s’en va. Bien sûr, Sophie tombe amoureuse de lui immédiatement.

 sophieEtHauru

Sophie et Hauru dans les airs

Après avoir vu sa sœur, elle retourne à la boutique et une grosse dame entre. Il s’agit de la sorcière des Landes, ancienne conquête de Hauru (on se demande bien pourquoi il a voulu conquérir une dondon pareille mais que soit). Elle se méprend sur la relation de Sophie et de Hauru (oui on saura plus tard que le magicien qui a sauvé Sophie n’est autre que Hauru) et lance un sort à Sophie et la condamne à ne pouvoir en parler à personne. Sophie se retrouve alors dans le corps d’une vieille femme de 90 ans. Elle décide alors de quitter la boutique pour trouver un moyen de redevenir jeune.

mamySophie

Mamy Sophie

Et c’est un long voyage qui commence durant lequel elle fera la connaissance de Hauru (bien sûr) du Marco, son apprenti, de Calcifer le démon du feu avec lequel Hauru a un contrat qui est en train de les détruire tous les deux, Kabu (navet) l’étrange épouvantail, madame Sulliman, le maître d’Hauru et bien d’autre.

MarcoCalcifer Marco et Calcifer
 Sophie devra trouver la clé du contrat qui lie Calcifer et Hauru avant qu’il ne soit trop tard et acquérir la confiance en elle qui lui fait tant défaut, seul remède à son propre sortilège.
Hayao Miyazaki a très bien rendu sa version de l’histoire qui est plus philosophique que le livre mais beaucoup plus diluée au niveau des détails qui rendent le livre si appréciable.
Parfois l’anime est un peu compliqué à comprendre quand on n’a pas le livre comme base. Par exemple la raison de la guerre est dite mais il s’agit d’un dialogue entre « figurants » en arrière-plan et suite à la musique on n’entend pas vraiment ce qu’ils racontent Le livre aide à comprendre le comment du pourquoi.
Donc je vous conseille les deux mais commencez peut-être par le livre.
Aerith21

Lune Rouge

18 septembre 2006

Chapitre 5                            Une exécution et une famille

Caleb revint en début d’après-midi les bras chargés de vivre. Il les déposa dans un coin de la grotte à l’abri des regards.
Tu es déjà revenu ? » Caleb sursauta et tourna la tête vers l’origine de la voix. C’était Darek.
« Je t’avais pourtant conseillé d’aller ailleurs, lui reprocha l’enfant.
- En effet mais c’est le meilleurs des endroits que j’ai eu l’occasion de visiter. Il y a deux sorties donc j’ai le temps de voir venir. Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda Darek en désignant la joue bleutée de l’enfant.
- Oh ça, c’est ma punition pour avoir dormi dehors.
- Je ne m’y connais pas vraiment en répression infantile mais il me semble que tes parents ont la main lourde.
- Ce n’est pas mes parents. C’est mon tuteur, je n’ai pas de parents.
- J’ai remarqué que tu portais toujours des gants, pourquoi ?
- Je ne peux pas te le dire. C’est un secret entre Raphaël et moi, répondit Caleb en souriant. Bon, il faut que j’y aille.
- Caleb, ton tuteur te frappe souvent ? lança d’un coup Darek.
- Ce ne sont pas tes affaires, répondit-il d’un ton nonchalant en haussant les épaules.
- Tu ne devrais pas revenir ici. Vu comme tu es traité, si on apprend que c’est toi qui m’as délivré, tu vas passer un sale quart d’heure.
- Ouais, c’est ça, maugréa l’enfant en s’éloignant.
- Hé, Caleb, le rappela Darek.
- Quoi ?
- Merci, pour tout.
Caleb l’observa un moment puis sourit avant de s’en aller. Non loin de là, caché par l’ombre projetée d’un massif rocheux, deux silhouettes vêtues de noir observaient Caleb quitter la grotte et courir vers le village.
« Il doit être à l’intérieur, seigneur Foster. Allons le cueillir.
- Non, les ordres ont changé. Nous devons nous intéresser à une autre proie. » dit-il en regardant Caleb qui disparaissait à l’horizon.
*
* *
Caleb alla faire quelques courses à l’épicerie avant de rentrer chez lui. Il s’assura plusieurs fois ne rien avoir oublié autrement, il se ferait disputer par son tuteur et ça, il ne le voulait pas.
Il se retrouva face ça un baraque de bois croulante, un vrai miracle qu’elle tienne encore debout. Les rayons du soleil pénétraient par les jours de la porte. C’était un peu le cas de toutes les maisons du village. Les économies des habitants passaient presqu’entièrement dans les caisses de l’Eglise. Ils auraient donné tout ce qu’ils avaient pour s’assurer un petit coin paisible au paradis.
Les bras chargés de paquets, Caleb appuya sur la clenche avec son coude et ouvrit la porte avec son pied.
« Je suis rentré, Victor. J’ai fait les courses comme tu me l’as demandé. » dit-il en posant les paquets sur la tables de la salle à manger.
« Je suis bien heureux de te voir, Caleb. » lança une voix grave et exagérément mielleuse.
L’enfant se figea sur place. Un frisson parcourut son échine. Il risqua un regard par-dessus ses paquets. Au fond de la pièce, assis dans l’obscurité et voilé dans la poussière en suspension dorée par les rayons du soleil, il y avait un homme en soutane noire. A son cou pendait la croix d’argent de la Nouvelle Inquisition.
« Mon Seigneur Foster, le salua Caleb sans broncher.
- Ton tuteur, Victor m’a dit que tu avais découché cette nuit. Tu sais que ce n’est pas prudent pour un enfant de se promener seul le soir et de ne pas rentrer chez lui. Surtout depuis qu’un supplicié s’est échappé.
- Un supplicié s’est échappé ? » s’enquit Caleb en déballant ses paquets et en rangeant les marchandises dans les armoires.
- C’est remarquable, murmura le religieux.
- Qu’est ce qui est remarquable ? demanda Caleb sans pour autant interrompre son rangement.
- C’est de voir à quel point l’âme d’un enfant d’à peine 10 ans peut être à ce point pervertie par le mensonge. »
Caleb tourna la tête vers lui et l’observa.
« Victor m’a dit que tu avais emporté de l’eau, de la nourriture et des bandages hier. Et encore cet après-midi.
- Et bien, Victor se trompe, répondit calmement Caleb. Ça arrive même aux meilleurs.
- Victor ! tonna Foster.
Caleb aperçut le visage de son tuteur derrière l’inquisiteur. Il avait les yeux injectés de sang, des valises sous les yeux et une barbe de deux jours. Il émanait de lui une forte odeur d’alcool.
« Peux-tu confirmer ce que je viens de dire ?
- Sûr, mon seigneur. J’l’ai bien vu sortir, le mioche avec tout ce barda dans ses bras. Il y en avait pour plusieurs jours de paye, savez !
- Comment tu peux le savoir, tu es ivre tout le long du jour, cria Caleb.
- Qu’est-ce que t’as dit ? beugla Victor en se ruant vers lui. Caleb chassa un tabouret devant lui d’un coup de pied. Victor trébucha et s’écroula lourdement sur le plancher.
Il allait sortir quand il sentit la main glaciale de l’inquisiteur lui attraper le poignet. Il prit Caleb par les cheveux. L’enfant cria de douleur et lança ses poings en avant pour tenter de ses libérer.
« Tu sais que libérer un supplicié est une faute extrêmement grave passible de la peine de mort ? C’est inutile de nier, Caleb. Quand ton tuteur est venu me prévenir que tu avais un comportement suspect, mon serviteur et moi t’avons suivi jusqu’à cette grotte. J’en ai assez de m’encombrer avec toi. Les erreurs de la nature dans ton genre ne devraient même pas exister. Il faudrait les abattre comme des chiens galleux. Il est temps d’effacer le blasphème que ta simple naissance représente. Foster frappas violemment la tête de Caleb contre le chambranle de la porte. Il tomba à genoux, sonné.
« Dans ce village, personne n’a jamais eu confiance en toi, personne ne t’a jamais apprécié. Les enfants de ton âge ne jouent pas avec toi et te fuient. Les vieux te maudissent, les femmes te craignent et les hommes désirent plus que tout que la Nouvelle Inquisition t’exécute. »
Foster l’agrippa de nouveau par les cheveux et le souleva du sol. Caleb hurla de douleur.
« Ils ne comprennent pas pourquoi je te tolère dans notre village. Jusqu’à présent, j’avais pieds et poings liés mais c’est terminé. Ton grand-père a enfin ratifié ta condamnation à mort. »
Caleb écarquilla les yeux.
« Ça t’étonne ? Il n’y a pourtant pas de quoi. Tu devrais savoir à quel point il te déteste. »
Foster jeta Caleb au sol.
« C’est étrange, tu ne te mets pas en colère. Montre ton autre visage que tout le monde puisse le voir ! » hurla-t-il comme un dément en attrapant la ceinture de Victor qui trainait sur une commode. Il frappa Caleb à plusieurs reprises en riant.
« Alors, tu ne réagis pas ? Mets-toi en colère ! » Il le frappa encore plus fort. Dépité il s’arrêta et s’accroupit près de Caleb. Il lui attrapa les poignets et lui ôta ses gants noirs. Il écarquilla les yeux en découvrant des pentagrammes sur les paumes de l’enfant.
« Le sceau par le Tétragrammaton. Quel traître à l’Eglise a osé poser ce sceau sur toi. Dis le moi et ta mort ne sera pas douloureuse.
- Va te faire voir » répondit Caleb.
Rouge de colère, Foster le souleva du sol par le col de la chemise, ouvrit la porte et le jeta dans la poussière. Alertés par les cris provenant de la maison de Victor, les villageois s’étaient rassemblés devant sa porte.
« Mes frères, la Nouvelle Inquisition a rendu son verdict concernant le dit Caleb Livingstone. »
Foster sortit une petite fiole d’eau bénite de sa poche.
« Révèle aux yeux du monde la part démoniaque qu’il y a en toi ! » Il lança l’eau bénite sur Caleb. Celui-ci se tordit de douleur et roula sur le dos en convulsant. C’est alors qu’une immense paire d’ailes noires jaillit de son dos faisant pleuvoir un torrent de plumes noires sur les villageois.
« Le verdict de la Nouvelle Inquisition est la mort !
- Pendez-le, cria la foule en délire. Pendez-le ici même, pas besoin d’aller à Canna. Pendez-le !
- Tu entends, ricana Foster. Pour toi, il n’y aura même pas les landes de Canna. Tu seras pendu sur la place du village. »
Caleb était trop faible pour bouger. Comme ça, étendu dans la poussière, il avait l’air d’un oiseau aux ailes froissées, incapable de voler.
Le bourreau du village courut jusque chez lui et revint avec une corde au bout de laquelle il réalisa un nœud coulant. Il passa la corde au cou de Caleb et confia l’autre extrémité à Foster qui se mit à traîner l’enfant derrière lui dans tout le village. Ils s’arrêtèrent sur la place au centre de laquelle se tenait une statue d’un Inquisiteur, les bras écartés devant lui en signe de miséricorde et de pardon.
« Puisqu’il n’y a ni potence ni échafaud dans le village, c’est cette statue qui sera l’instrument de ta repentance. » cria Foster en confiant la corde au bourreau. Celui-ci la lança par-dessus une des mains de la statue et hissa Caleb au dessus du sol.
Caleb battait des pieds dans le vide et ses mains cherchaient désespérément à desserrer l’étreinte de la corde sur sa gorge.
Sa trachée était écrasée par la poigne solide du nœud. Ses petites jambes battaient l’air furieusement. Les larmes emplissaient ses yeux au point que tout devenait trouble autour de lui. Le sang cognait douloureusement contre ses tempes.
La bouche grande ouverte et l’écume aux coins des lèvres, l’air venait de cesser d’alimenter ses poumons. Peu à peu à bout de forces, ses jambes cessèrent de bouger et ses bras retombèrent lentement le long de son corps.
Tout à coup, une lumière aveuglante éblouit la foule et quand ils recouvrèrent leur vue, la corde était coupée et Caleb avait disparu.
*
* *
Darek déposa le corps inanimé de Caleb dans une ruelle déserte du village. Au loin, il pouvait entendre les cris de la foule mécontente de ne pas avoir un droit à sa pendaison. Il tourna son attention vers Caleb. La corde avait entaillé la chair fine et délicate de son cou laissant apparaître une vilaine blessure.
Darek colla son oreille contre la bouche de l’enfant. Il respirait encore mais très faiblement.
La corde avait sans doute écrasé sa trachée et il lui faudrait quelques jours pour retrouver l’usage de la parole.
« Caleb, tu m’entends ? » s’enquit Darek en se penchant au-dessus de lui.
Ses yeux étaient mi clos et étrangement fixes.
« Il ne doit pas être loin, rugit la voix de Foster. C’est certainement l’autre supplicié qui l’a aidé à s’échapper.
- On ne peut pas rester ici, murmura Darek en prenant Caleb dans ses bras. Sinon, ils vont nous tomber dessus. »
Dans l’état dans lequel il se trouvait, Darek savait bien qu’il ne pourrait pas aller loin. Ses blessures étaient loin d’être cicatrisées.
Comme il était hors de question de retourner dans la grotte à l’est du village et que Canna se trouvait au sud, il décida de prendre le nord.
Il marcha pendant deux jours en marquant de nombreuses pauses dans les bosquets et les bois, évitant soigneusement d’entrer dans un village avec Caleb.
Enfin, il découvrit une cabane abandonnée située non loin d’un village. Le puit à l’extérieur pouvait encore donner de l’eau et à l’intérieur, il découvrit des couvertures et une trousse de secours contenant des bandes propre. Il dénicha également de l’alcool fort dont il se servit pour nettoyer les plaies de Caleb. Une fois les bandages propres installés, il alla chercher de l’eau au puit pour faire baisser la fièvre que Caleb traînait depuis deux jours. L’enfant n’avait pas encore repris conscience depuis.
Deux jours passèrent encore ainsi.
Un matin, Darek se réveilla en sentant les rayons du soleil caresser son visage et tenter de percer ses paupières.
Il ouvrit les yeux mais les referma de suite car une lumière violente les lui brûlait.
La porte de la baraque était grande ouverte et le soleil inondait la pièce.
Il jeta péniblement un œil à Caleb et se raidit en constatant que son lit était vide. Il se leva d’en bond et sorti. Caleb se tenait à quelques mètres de la porte. Debout et immobile, il regardait le soleil se lever.
Darek l’appela et l’enfant se retourna doucement. Il avait le visage bouffi et inondé de larmes. Il regarda Darek un moment puis sourit, de son sourire habituel, plein de chaleur et rassurant.
C’était un spectacle pitoyable qui retournait le cœur. Personne n’aurait pu rester insensible face à tant de douleur.
Darek s’approcha de lui et s’agenouilla pour être à sa hauteur.
« Tu n’es pas obligé de sourire tout le temps, tu sais. »

Une âme n’aurait pas d’arc-en-ciel si les yeux n’avaient pas de larmes
John Vance Cheney

Son sourire mourut d’un coup. La tristesse et la douleur déformèrent son visage. Ses yeux s’embuèrent et il commença à hoqueter et à renifler. Il s’approcha de Darek et enroula ses bras autour de son cou en pleurant. Darek le serra dans ses bras alors que son petit corps était secoué par de violentes saccades.
Il pleura comme ça pendant de longues minutes, hurlant presque sa douleur physique et mentale.

Les larmes sont les pétales du coeur

Paul Eluard
*
* *
Plusieurs mois passèrent ainsi. Caleb resta dans la cabane alors que Darek partait souvent en vadrouille parfois pendant plusieurs jours. Leurs blessures à tous les deux avaient cicatrisés et la marque sur le cou de Caleb avait presque totalement disparu.
Un jour, Darek passa la porte de la cabane et Caleb sut immédiatement qu’il venait lui dire au revoir.
« Il y a un cirque qui fait des spectacles dans tout Terrasacra qui se dirige par ici. S’ils te trouvent, ils te prendront avec eux. Là, tu seras en sécurité car les membres d’une troupe veillent les uns sur les autres comme les membres d’une famille. Jamais ils ne t’abandonneront. Je ne peux pas te garder avec moi mais je te promets que je passerai te voir aussi souvent que je le pourrai. Tu comprends ? »
Caleb hésita un moment puis lui sourit. Darek soupira tristement.
« Parfois, tes sourires quand ils sont tristes font plus mal qu’une dague en plein cœur, tu sais. »
Darek le serra dans ses bras et sortit.
« Au revoir, grand frère ! » lui cria Caleb.
Darek ne se retourna pas car il savait que s’il regardait en arrière, il ne pourrait plus partir.
*
* *
« Vous croyez qu’il est perdu ?
- Surement pas, l’endroit à l’air aménagé depuis un moment.
- il vit seul alors ?!
- En tout cas les autres pièces sont vides et il n’y a personne dans le coin.
- Comment un enfant aussi jeune peut être livré à lui-même ? »
Caleb grogna dans son sommeil et s’étira. Il ouvrit tout à coup les yeux en se rendant compte qu’il n’était pas seul. Il s’assit. Autour de lui, il y avait des gens étranges. L’un avait de longs poils couleur fauve sur tout le visage lui donnant des allures de lion. A sa droite se tenait une femme de corpulence assez forte qui portait une barbe. Venaient ensuite des jumelles mais qui étaient attachées ensemble par le bas du dos.
« Ne vous massez pas comme ça autour de lui, vous allez lui faire peur. » les réprimandant un petit homme dont la tête atteignait à peine la hauteur du lit.
« N’aie pas peur, mon petit ange, lança la femme à barbe, nous ne te voulons aucun mal.
- Je n’ai pas peur, madame, répondit Caleb en souriant.
- Comme il est mignon. Et si on le gardait ?
- Enfin, Bertha, ce n’est pas un chien. Tu ne peux pas décider ça comme ça, la gronda l’homme à face de lion.
- Où se trouve ta famille ? demanda une des jumelles.
- Où se trouvent tes parents ? s’enquit l’autre.
- Je n’ai ni parents ni famille. Je vis tout seul.
- Prenons-le avec nous, Lionel. On ne peut pas le laisser ici tout seul tout de même, lança Bertha.
- Nous ne pouvons pas l’emmener, Bertha.
- Ça nous ferait du changement au cirque. Un peu de vie ne nous ferait pas de mal. Nous n’avons pas d’enfants.
- Tu oublies Raven, répliqua Lionel.
- Ce n’est plus une enfant, elle le dit elle-même ? En plus, elle n’en a pas le comportement. Il a l’air si gentil…
- Ce n’est pas grave, madame Bertha, dit Caleb en souriant. Je ne voudrais pas vous causer des ennuis. »
Bertha se tourna vers Lionel avec un air de chien battu
« Bon d’accord, soupira Lionel. On le prend avec nous ! »

Caleb ouvrit les yeux. Il était dans sa roulotte. Les sons de la répétition parvenaient jusqu’à lui. Le soleil était déjà haut dans le ciel.
Il se leva. Il versa l’eau fraîche d’une cruche en terre cuite dans un bassin et se lava. Au-dessus d’un marcel blanc, il enfila une salopette noir dont il retroussa les jambes jusqu’en dessous de ses genoux et sortir de sa roulotte.
Les membres de la troupe étaient assis sur des couvertures et regardaient le numéro de chant d’Elisabeth et de Mary. Caleb s’approcha les mains dans les poches. Les siamoises le saluèrent en souriant et il leur sourit à son tour.
Bertha et Serpentina s’écartèrent pour lui faire une place entre elles et Caleb s’assit.
Bertha le serra dans ses bras et l’embrassa sur le front. Caleb se mit à rire.
« Tu ne peux pas t’en empêcher, hein ? la réprimanda Lionel. Elle lui tira la langue.
« J’ai fait un rêve, murmura Caleb pour ne pas perturber la répétition des siamoises.
- Un rêve ou un cauchemar ? s’enquit Tom.
- J’ai rêvé du jour où vous m’avez trouvé et accueilli parmi vous.
- Alors, c’était un rêve, dit doucement Serpentina.
- Oui, un très beau rêve même. » répondit Caleb en souriant.

Eragon

17 septembre 2006

Bonjour, me revoilà pour vous proposer un petit article sur Eragon qui sortira en décembre et sera, on l’espère, suffisant pour nous faire patienter jusqu’à juin pour voir Harry Potter 5 (qu’on espère aussi à la hauteur car je ne me suis toujours pas remise de la merdicité (néologisme d’Aerith21) du troisième volet)

filmeragon

Bien parlons un peu de l’histoire. Replaçons les choses dans le contexte en signalant d’abord que l’histoire du film Eragon provient d’un bouquin du même nom écrit pas un très jeune prodige Christopher Paoloni.

L’histoire est celle de Eragon, un jeune homme de 16 ans qui découvre une pierre mystérieuse lors d’une partie de chasse. En fait, cette pierre est l’un des derniers oeufs de dragon et qu’un fois né, celui-ci (qui est en fait une dragonne) va le choisir comme draconniers et Eragon va donc devoir l’élever. Il devient ainsi l’héritier d’une caste d’élite que le roi Galbatorix veut éradiquer.

Dans sa quête, Eragon sera aidé par Aidé par Brom, le vieux conteur du village, et de Saphira son dragon. Pour survivre, Eragon devra rejoindre les insurgés et combattre aux côtés des nains, des elfes et des magiciens, le monstre le plus épouvantable de tous les temps : l’Ombre…

Pour ce qui est du casting, on retrouve tout de même des pointures comme John Malkovich (respect, Aerith s’incline profondément) Jeremy Irons qui nous a abitué au meilleur comme au pire (dongeon et dragons :s et la machine à remonter le temps que je n’ai pas du tout aimé en partie parce que je déteste les remake et que je suis une fan incontestée de l’ancienne version), Robert Carlyle (et un hourra pour robert Carlyle, j’adore tout simplement cet acteur) et bien d’autres.

Le réalisateur est Stefen Fangmeier responsable des effets visuels dans Master and Commander, Dreamcatcher, signs, the perfect storm, Hook, Jurassic Park, …

Pour la Bande originale du film, il semblerait que ce soit Patrick Doyle, qui avait entre autre travaillé sur Harry Potter et la Coupe de Feu qui d’y colle. Il faudra confirmer tout ça.

eragon

Full metal alchemist

15 septembre 2006

Dans cette partie manga, je vais vous parler de tous mes coups de cœur manga et anime. Aujourd’hui, c’est au tour de full metal alchemist (anime) qui passe en se moment sur mcm et sur Be TT si je ne me trompe pas. Sachez aussi que ça existe en manga et que les fichiers peuvent être lus gratuitement sur le net à cette adresse : http://www.fullmetal-alchemist.com/manga.php Les chapitres sont disponible jusqu’au 59.

Ne vous étonnez pas si les événements du manga ont chronologiquement différents de l’anime, ça arrive souvent. Une des rares séries suivant presque intégralement le manga c’est yuyu hakusho.

Bon de quoi ça parle cet anime ? C’est l’histoire des frères Elric, Edward l’aîné et Alfonse de un an son cadet.

Ed et Al enfants

Edward et Alphonse Elric enfants 

Ils vivent dans un monde où l’alchimie est une science qui existe et est couramment utilisée. Bien sûr, comme il s’agit d’une science, il y a des règles et des principes qu’il faut suivre scrupuleusement (comme en chimie, et oui. Lavoisier et compagnie) dont le principe de l’échange équivalent qui dit que pour créer quelque chose, il faut céder quelque chose. Mais pour comprendre ça, il aura fallu que les deux frères cèdent quelque chose. (C’est dit comme ça dans le générique de l’anime lol).

Donc, Ed et Al vivent seuls avec leur mère Trisha depuis que leur père est parti à cause de son travail, il est alchimiste.

Les deux enfants se mettent à l’alchimie dés leur plus jeune âge en bouquinant dans les livres de leur paternel. Ils ont un don car ce n’est pas à la portée du premier enfant venu de comprendre tout le charabia qu’il y a dans ces bouquins.

Ils vivent heureux juste à côté de leur amie d’enfance Winry qui a le même âge qu’Edward et dont la grand-mère Pinako crée des prothèses bioniques pour ceux dont il manque un membre.

Un jour, la mère de Ed et Al tomba malade (un peu aussi à cause de l’absence de son mari) et meurt. Les deux enfants sont inconsolables et décident (c’est surtout Ed qui décide) qu’il n’est pas question qu’ils vivent sans elle. Ils vont alors braver l’interdit en ayant recours à l’alchimie humaine pour faire revenir leur mère (dans le processus ils doivent recréer un corps et une âme).

L’expérience tourne cependant au désastre et dans le processus, Al perd son corps et Ed sa jambe. Afin d’offrir un corps à son frère dont l’âme erre toujours dans la pièce où ils ont pratiqué l’alchimie humaine, Ed perd son bras et l’âme d’Al se retrouve liée à une armure désormais incapable de manger, dormir, sentir…

al dans son armure

Al dans son armure

A partir de là, Ed fera tout ce qui est humainement possible pour rendre à son frère son corps et pour récupérer son bras et sa jambe.

al automail

Jambe et bras bionique d’ Edward

Winry lui confectionnera un bras et un jambe bionique afin qu’il puisse rentrer dans l’armée et devenir alchimiste d’Etat sous les ordres du colonel Roy Mustang encore appelé l’alchimiste de flamme et ainsi avoir accès à la grande bibliothèque des alchimistes et trouver un recueil pouvant l’aider à atteindre son but.

Winry et ed

Winry réparant la bras d’Ed

Ed réussira avec succès les examens très difficiles d’alchimiste et deviendra le plus jeune alchimiste d’Etat à 12 ans.

Ensuite, en compagnie de son frère (toujours dans son armure) ils partiront dans une longue quête pour retrouver ce qu’ils ont perdu. L’anime décrit leurs aventures alors qu’ils ont 15 et 14 ans avec de multiples flash back.

Ed qui se la pète

Edward, à 15 ans

L’anime se décline en 51 épisodes et ils y a un film (suite directe de l’anime) et semble-t-il des OAV sont prévues.

Bon, l’ambiance de l’anime est bon enfant avec un Ed complexé par sa petite taille (il déteste boire son lait) et qui a assez mauvais caractère (encore plus dans le manga cela dit) et le langage familier des personnages mais il y a aussi des leçons de morale sur la folie des hommes, sur l’armée et l’engagement, ainsi que sur les liens qui unissent des frères.

On subodore tout de même la fin mélo dramatique de l’anime mais qui laisse une porte ouverte cependant. Porte qu’un réalisateur a déjà pris puisqu’il y a un film qui poursuit les aventures de Ed et Al (ça veut dire qu’il n’y en a aucun des deux qui meurt dans l’anime, rassurez-vous).

Si je devais mettre une note à cet anime, je dirais 8.5/10. Je n’ai pas vraiment de commentaires négatifs à faire sur cet anime mais si vous avez des commentaires à faire, ils seront les bienvenues.

Aerith21

Quelques images (cliquer pour agrandir)

med_gallery_37494_2_37191.jpg

ed

Ed al

ed

gallery_36375_5_32733.jpg

Lune Rouge

14 septembre 2006

Chapitre 4                        L’enfant et l’ange déchu
 
Caleb contourna la taverne et se retrouva plongé dans l’obscurité quasi opaque de la ruelle adjacente.
« L’Ange Déchu, hein ? Dit une voix provenant de la pénombre. Le nom de cette taverne est tout à fait approprié vu les circonstances, tu ne trouves pas ?
- Darek, malédiction, tu n’es jamais là quand on a besoin de toi, maugréa Caleb.
- Bonjour l’accueil. Mais pour ce qui est des malédictions, ton grand-père y a déjà pensé avant toi et tu peux me croire, j’ai eu ma dose ! »
Une silhouette se détacha de l’obscurité dévoilant un homme en redingote gris souris. Il avait de longs cheveux châtains foncés retenus en une queue serrée à la base de son cou. Ses yeux étaient mauves foncés, panache des maudits. Il avait une cigarette serrée entre les dents.
« Alors, quoi de neuf, gamin ? » demanda-t-il en s’arrêtant à quelques pas de Caleb.
«  Maître Caleb ! » cria quelqu’un en se jetant littéralement sur lui le faisant chanceler.
«  Bonjour, Diomée, toujours aussi expressive, répondit Caleb en souriant chaleureusement à une fille de l’apparence d’une gamine de 15 ans.
« Maître Caleb, tu m’as tellement manqué. » Lança-t-elle, ses grands yeux dorés à la pupille fendue comme celle des félins emplis de larmes.
« Mais quelle plaie celle-là, maugréa Darek.
- Ne m’abandonne plus, maître. Je ferai tout ce que tu voudras mais ne m’oblige pas à retourner avec ce sale pervers, s’il te plaît. Il est méchant avec moi, il me crie tout le temps dessus. » dit-elle en enfouissant son visage dans la chemise de Caleb.
- Allons, Diomée, il n’est pas si méchant que ça ! Répondit Caleb en caressant le sommet de la tête aux cheveux violine.
- Permets-moi de rester avec toi, maître Caleb.
- Je suis désolée, Diomée, si je vivais seul, peut-être mais je vis dans un cirque. Je ne peux pas te garder auprès de moi.
- Tu parles, dans un cirque peuplé de montres, elle a forcément sa place, lança Darek en ricanant.
- Tu vois qu’il est toujours méchant avec moi, lança Diomée en éclatant en sanglots.
Il fallut plusieurs minutes à Caleb pour la calmer et pour la convaincre que, malgré les apparences, elle était mieux auprès de Darek qu’à ses côtés.
«  Comment fais-tu pour vivre tout le temps avec des humains, demanda Diomée quand elle se fut calmée. Ça pue les humains.
- Moi, ça ne me dérange pas.
- Vois-tu, Diomée, ton maître aime les humains.
- Pauvre maître. C’est peut-être parce qu’il est encore trop jeune pour comprendre à quel point ce sont des créatures abjectes, proposa Diomée en se tournant vers Darek.
- Je crois que c’est un penchant naturel chez lui à aimer tout le monde et à vouloir du bien à tout le monde. Bon après ces touchantes retrouvailles, on pourrait peut-être parler business. Pourquoi m’as-tu appelé ?
- La NI m’a retrouvé, murmura Caleb en se massant machinalement le cou.
- C’était qui ?
- Un prêtre que je n’avais jamais vu.
- Il a pu voir ta cicatrice ?
- Non, je ne la lui ai pas montrée, tu penses bien.
- Il ne va surement pas te lâcher la grappe avant d’avoir eu la preuve que tu es bien celui qu’il recherche.
- C’est aussi ce que je me dis, répondit Caleb sur un ton las.
- Au cirque, tu ne risques rien. Tu es toujours entouré et les prêtres ne sont plus investis d’aucun pouvoir depuis le déclin de la Nouvelle Inquisition. Le Vatican ne le couvre plus. Et pour ce qui est des moments où tu es seul, elles veilleront sur toi.
- Elles ?!
- Comme on se retrouve, petit prince, lança une voix derrière lui. »
Les quatre prostituées s’avancèrent dans la ruelle. Les deux de droite se mirent à briller et fusionnèrent pour ne former qu’une seule et même personne. Les deux de gauche firent de même. Les deux femmes vinrent se placer de part et d’autres de Darek qui posa ses mains sur leurs hanches.
«  Je me doutais bien qu’elles avaient quelque chose à voir avec toi. Personne à part toit ne laisse ses succubes faire le trottoir à la vue de tous, lança Caleb avec un sourire sarcastique.
- Tu as l’œil, mon lapin.
- Tu nous as percées à jour, c’est impressionnant.
- Caleb, je te présente, Isis et Thétis. Elles veilleront sur toi. Elles sont capables de se dédoubler pour former des entités autonomes. Tu ne peux pas être plus en sécurité avec elles comme garde du corps. A priori, tu n’as aucun souci à te faire. Je n’ai entendu parler d’aucun contrat sur ta tête de l’Autre Côté. Ça doit être un petit curé blasé qui entreprend une croisade personnelle contre les méchants.
- Maître Caleb n’est pas méchant, protesta Diomée.
- Pour les prêtres de la NI, nous le sommes tous ! répondit simplement Darek en jetant son mégot sur le sol.
«  Et l’autre, comment se porte-t-il ? » s’enquit Darek
Caleb regarda les paumes de ses mains perpétuellement gantées de noir et dit :
«  Je le sens bouillonner. Il essaie de me parler mais je l’ignore.
- Et dans tes rêves ?
- Il est toujours là et il me fixe. Il me fait voir des choses mais je n’entends pas ce qu’il dit.
- S’il y a du changement de ce côté-là aussi, il faut que tu me préviennes. Au fait, tu as des nouvelles de tes deux nounous ? »
Caleb se mis à rire à la mention du sobriquet de Raphaël et Gabriel. Darek ne les aimait pas beaucoup.
«  Non, je ne les ai pas vu depuis longtemps.
- Beau boulot, ils sont drôlement efficaces, maugréa Darek en allumant une autre cigarette.
- Mon grand-père leur mène sans doute la vie dure. Il les soupçonne.
- Il soupçonne tout le monde. C’est d’ailleurs ce qui m’a valu un aller simple pour la malédiction.
- Sauf que dans ce cas précis, il avait raison.
- Pour mon amour-propre, je préférerais dire qu’il n’avait pas tout à fait tord. »
Caleb se mit à rire.
«  Bon, c’est pas que je m’ennuie mais je vois mal ce que je pourrais faire d’autre. Un conseil, gamin. Reste sur tes gardes et méfie-toi de ceux qui t’entourent. De nos jours, on ne peut être sûr de personne.
Il surpassa Caleb et lui donna une tape amicale dans le dos avant de s’éloigner.
« Maître Caleb ! cria Diomée en se jetant à son cou en larmes.
- Allons, Diomée, nous allons surement bientôt nous revoir.
- Diomée ! rugit Darek, tu te bouges, oui ? »
Elle sécha ses larmes et s’enfuit en courant. Caleb lui fit signe de la main en lui souriant.
«  Cet enfant a un sourire incomparable. » murmura Isis à Darek alors qu’elle s’éloignait avec lui, bras dessus bras dessous.
 
 
Les gens tristes ont les plus beaux sourires
Jasmin (Claude)
 
« Oui, je l’ai toujours connu ainsi. C’est un sourire qui réchauffe le plus froid des cœurs.
- Ça doit être vrai puisqu’il a réussi à te toucher… » répondit la succube.
Darek eut un sourire nostalgique.
 
Douze ans plus tôt…
Canna était une lande désertique de Terrasacra que la Nouvelle Inquisition avait réservé à ses exécutions. Elle était interdite sous peine d’une punition très sévère. Seuls les membres de la NI pouvaient s’y rendre.
On y rencontrait des échafauds, des croix pour les crucifixions et des buchers.
Le soleil tombait sur la lande mais l’atmosphère restait brûlante car les terres désolées commençaient seulement à relâcher toute la chaleur qu’elles avaient accumulée durant la journée.
Les corps des pendus se balançaient au gré du vent, volontairement exposés aux charognards et aux intrus.
Il n’y avait pas âme qui vive… Si ce n’est un homme, crucifié sur sa croix de métal, les membres retenus par de solides cordes qui écorchaient sa peau. Beaucoup de sang avait coulé sur le sol formant une petite mare dans laquelle baignait ce qui semblait être une paire d’ailes blanches comme la neige et de très grande taille.
L’homme avait la tête baissée, son menton reposait contre sa poitrine. Ses longs cheveux foncés sales et imbibés de sueur pendaient de part et d’autre de son visage maculé de poussière.
Son torse nu était brûlé par le soleil. Il ne portait plus qu’un pantalon déchiré qui fut autrefois blanc.
Il sentait que la vie commençait peu à peu à s’échapper de son corps et il ne pouvait pas l’en empêcher.
Soudain, il sentit une présence. Il leva la tête péniblement.
Face à lui, à une distance respectable de sa croix se tenait un enfant. Un petit garçon d’une dizaine d’années, tout au plus. Dans ses bras, il tenait un bassin rempli d’eau qu’il serrait contre lui. Il regardait fixement le crucifié. Il n’y avait ni peur ni effroi dans son regard. Il se contentait de toiser l’inconnu de ses yeux azur affichant un air neutre.
« Dégage, c’est pas un endroit pour les gamins !  murmura le crucifié d’une voix rauque
- Il ne fallait pas m’appeler si tu ne voulais pas que je vienne, répondit l’enfant sur un ton détaché.
- C’est pas toi que j’appelais, répondit l’homme sur un ton abrupt. Mais attends, comment t’as pu m’entendre ? C’est impossible. Les humains ne peuvent pas entendre ça !
- Tu rigoles ou quoi ? J’ai bien cru que t’allais m’exploser les tympans à crier comme tu le faisais. Tu voulais de l’eau non ?! Je t’en ai apporté. » dit l’enfant en tendant la bassine devant lui.
« Dégage, je te dis. Ils ne viendront pas me délivrer s’ils sentent la présence d’un humain. Ils croiront que c’est un prêtre de la Nouvelle Inquisition.
- Personne ne viendra de toute façon. Personne ne vient jamais délivrer les supplicié de Canna. » répondit le gamin en déposant le bassin sur le sol et en s’avançant vers la croix.
- Fous le camp, nom de Dieu, combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ? 
- Arrête de blasphémer, soupira le gosse. C’est pour ça que tu as été maudit ?
- Comment tu sais ça toi ?s’écria le crucifié.
- Bah, on n’arrache pas les ailes d’un ange pour rien. Tu as été maudit. Tu es un ange déchu ! »

L’homme arborait un air halluciné Comment ce mioche pouvait-il en savoir autant sur le sujet. Et comment, au nom du ciel, pouvait-il l’avoir entendu appeler les démons du crépuscule à son secours ?

Le gamin sortit un couteau de la poche intérieure de sa veste rapiécées et découpa les cordes qui maintenaient les jambes de l’inconnu Ensuite, il entreprit d’escalader la croix.

« Mais qu’est-ce que tu fous encore ?

- Je viens te délivrer, quelle question ! » dit-il et il sourit De sa vie, jamais quelqu’un ne lui avait souri de cette façon. C’était un sourire plein de chaleur, un sourire qui réchauffe le cœur, qui efface toute trace de tristesse, de colère. C’était un sourire bienveillant.

L’enfant grimpa sur le bras de la croix et s’y assis à califourchon.

« Descends de là, nom de Dieu, tu vas tomber.

-Arrête d’être aussi grossier. Ça ne t’attirera que des ennuis, le réprimanda le gamin.
- Je rêve, un mioche qui me fait des leçons de morale, on aura tout vu. »
L’enfant commença à découper la corde qui retenait son poignet droit. Il rampa jusqu’à l’autre bras et commença à le libérer.
« Je crois que la chute va être un peu brutale… Au fait, je m’appelle Caleb, Caleb Livingstone. »
Le crucifié ne dit rien pendant un moment puis finit par murmurer :
« Darek »
La corde lâcha et il s’écroula sur le sol.
*
*   *
Quand Darek se réveilla, il se trouvait dans une grotte et les rayons du soleil levant baignaient son visage. Son torse avait été bandé et toutes ses blessures soignées. Il était fatigué, courbaturé mais en vie. Il sentit un poids sur ses jambes et baissa la tête pour voir que la gamin dormait la tête sur ses genoux. Il l’avait traîné tout seul jusqu’à cette grotte et soigné ses blessures.

« Hé, gamin, réveille-toi » lança Darek en le secouant doucement.
« Gamin. » Comment avait-il dit qu’il s’appelait déjà ?…
« Caleb, réveille-toi ! »
L’enfant grogna, s’étira puis se redressa d’un coup, l’air affolé.
« C’est déjà le matin ?! s’écria-t-il ? Je vais me faire désintégrer » Il s’assit de nouveau pour remettre ses bottines.
« C’est toi qui m’a traîné jusqu’ici ?
- Oui, répondit Caleb. Maintenant, il faudrait que tu te caches un peu mieux. Ils vont bientôt s’apercevoir que tu n’es plus sur la croix et là, ça va être la panique en ville. Je reviendrai ici déposer de la nourriture, tu n(auras qu’à la prendre quand tu te seras assuré que la voie est libre. Mais là, faut vraiment que j’y aille sinon, je vais me faire disputer »
Caleb se remit debout. Il s’apprêtait à sortir de la grotte quand la voix de Darek s’éleva.
« Pourquoi m’as-tu aidé ?
 
Il n’existe pas de meilleur exercice pour le cœur que de se pencher pour aider quelqu’un à se relever.

Holmes (Jean Albert)
 
- D’abord, parce que tu l’as demandé. Puis, moi, je me fiche de ce que tu as fait. La nouvelle Inquisition dit qu’ils sacrifient des gens pour le bien du peuple, qu’ils ne recherchent que notre prospérité matérielle et spirituelle mais ils torturent des gens pour leur faire avouer leur crime. Qui n’avouerait pas toutes les fautes du monde pour que la torture s’arrête ? Ensuite, ils les tuent et laisse leur cadavre exposés pourrir sous le soleil sans leur offrir une sépulture sanctifiée. Tu trouves que c’est faire le bien ça toi ? Et puis… »
Il se retourna et sourit à Darek.
« Toi et moi, nous sommes pareils. Nous sommes tous les deux maudits. »
Puis, il s’en alla en courant. 

Et voilà, encore un chapitre de conclu. Le prochain est troujours un flash back, c’est la suite en fait. Laissez des commentairesAerith21 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1...7891011